Le Flog - Culture et actualité politique

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Insiders, le peuple de l'Art

Enfin une exposition d'art contemporain dont on n'a pas envie de sortir, pour laquelle on projette une seconde visite, pendant laquelle on a envie de regarder toutes les projections en entier... Même quand elles durent 90 minutes, comme pour Burning man, voyage in Utopia, de Laurent LE GALL. Ce film relate l'incroyable Black Rock City de 2008, "réunion" organisée tous les ans dans le désert du Nevada où tous les participants (qui refusent d'être de simples spectateurs) se rassemblent autour d'un autel pour célébrer... le monde ? la vie ? Aucun dogme n'est défini, seuls les principes du don, de l'effort en commun et du décloisonnement sont affirmés, durant huit jours, dans la fête et la joie. A travers quatre rubriques (Célébrer, Participer, Recycler, Transmettre), Insiders rassemble des pratiques artistiques qui réconcilient la vie quotidienne et l'art, écho d'un temps ancien où l'art et la vie étaient mêlés. Un homme transporte sur son dos une porte dans une Bucarest hallucinante tandis que des architectes enfin libérés perchent des maisons de thés dans des cerisiers en fleurs... Ne manquez pas cette exposition du CAPC de Bordeaux car les œuvres présentées jusqu'au 7 février 2009 dénotent par leur vitalité et la créativité qu'elles démontrent... L'homme est mort... que vivent les hommes !

Travaille d'abord tu t'amuseras ensuite

Une exposition à la Bibliothèque des Capucins de Bordeaux, du 15 septembre au 6 octobre, en parallèle aux Rendez-vous des Terres neuves, concerts et agitation citoyenne du 1er au 3 octobre à Bègles.

Féminisme Black

Bell hooks, Laura Alexandra Harris, Hazel Carby... Autant d'auteurs américaines qui n'évoquent rien à la plupart d'entre nous. Et pourtant, quelle vigueur, quel dynamisme soufflent dans leurs pages, enfin présentées en France dans une anthologie du féminisme afro-américain, 1975-2000, intitulée Black feminism, et publiée cette année chez L'Harmattan.
Quels sont les mots qui vous manquent encore ? Qu'avez-vous besoin de dire ? Quelles sont les tyrannies que vous avalez jour après jour et que vous essayez de faire vôtres, jusqu'à vous rendre malade et à en crever, en silence encore ? Peut-être que pour certaines d'entre vous, ici aujourd'hui, je suis le visage d'une de vos peurs. Parce que je suis femme, parce que je suis Noire, parce que je suis lesbienne, parce que je suis moi - une poète guerrière Noire qui fait son boulot -, venue vous demander : et vous, est-ce que vous faites le vôtre ?
Et bien sûr, j'ai peur, car transformer le silence en paroles et en actions est un acte de révélation de soi, et cet acte semble pleins de dangers. Quand je lui ai parlé de notre sujet de discussion et de mes difficultés, ma fille m'a dit : "Raconte-leur qu'on n'est jamais une personne à part entière si on reste silencieuse, parce qu'il y a toujours cette petite chose en nous qui veut prendre la parole. Et si on continue à l'ignorer, cette petite chose devient de plus en plus fébrile, de plus en plus en colère et si on ne prend pas la parole, un jour, cette petite chose finira par exploser et nous mettre son poing dans la figure." Audre Lord, "The transformation of Silence into Language and Action", 1977, trad. M. C. Calise.
Après une introduction riche et argumentée sur l'évolution du féminisme américain, dix textes nous rappellent les luttes, leurs raisons, leurs moyens, leurs victoires et échecs, et font le lien entre ces années 1970 célébrées comme "libération de la femme", et nos jours de déclin et de triste misogynie. Il est fondamental de comprendre combien la pensée féministe a avancé, a progressé, tenté de dépasser les conflits entre Blanches et Noires par exemple, le racisme minant l'unité des femmes de l'intérieur : des armes de pensée pour réouvrir les yeux. Réfléchir à partir de la situation des plus exclues oblige à l'universalité du propos. Toutes les femmes sont blanches, tous les Noirs sont les hommes, mais nous sommes quelques-unes à être courageuses.

Festival des Ouvertures Utiles

22 avril sur ARTE : le Cauchemar de Darwin

consultez l'affiche du film

Nous en avions discuté lors de sa sortie... Synopsis du film : Les rives du plus grand lac tropical du monde, considéré comme le berceau de l'humanité, sont aujourd'hui le théâtre du pire cauchemar de la mondialisation.
En Tanzanie, dans les années 60, la Perche du Nil, un prédateur vorace, fut introduite dans le lac Victoria à titre d'expérience scientifique. Depuis, pratiquement toutes les populations de poissons indigènes ont été décimées. De cette catastrophe écologique est née une industrie fructueuse...

Pour lire la suite, consultez le site advitamdistribution

Retour à la terre

Hommage à Aimé Césaire, un extrait du Cahier d'un retour au pays natal.

Partir.
Comme il y a des hommes-hyènes et des hommes-panthères, je serais un homme-juif
un homme-cafre
un homme-hindou-de-Calcutta
un homme-de-Harlem-qui-ne-vote-pas
l'homme-famine, l'homme-insulte, l'homme-torture on pouvait à n'importe quel moment le saisir le rouer de coups, le tuer — parfaitement le tuer — sans avoir de compte a rendre à personne sans avoir d'excuses à présenter à personne
un homme-juif un homme-pogrom un chiot un mendigot

mais est-ce qu'on tue le Remords, beau comme la face de stupeur d'une dame anglaise qui trouverait dans sa soupière un crane de Hottentot ?

Je retrouverais le secret des grandes communications et des grandes combustions. Je dirais orage. Je dirais fleuve. Je dirais tornade. Je dirais feuille. Je dirais arbre. Je serais mouillé de toutes les pluies, humecté de toutes les rosées. Je roulerais comme du sang frénétique sur le courant lent de l'œil des mots en chevaux fous en enfants frais en caillots en en couvre-feu en vestiges de temple en pierres précieuses assez loin pour décourager les mineurs. Qui ne me comprendrait pas ne comprendrait pas davantage le rugissement du tigre.
Et vous fantômes montez bleus de chimie d'une forêt de bêtes traquées de machines tordues d'un jujubier de chairs pourries d'un panier d'huîtres d'yeux d'un lacis de lanières découpées dans le beau sisal d'une peau d'homme j'aurais des mots assez vastes pour vous contenir et toi terre tendue terre saoule

terre grand sexe levé vers le soleil
terre grand délire de la mentule de Dieu
terre sauvage montée des resserres de la mer avec dans la bouche une touffe de cécropies
terre dont je ne puis comparer la face houleuse qu'à la forêt vierge et folle que je souhaiterais pouvoir en guise de visage montrer aux yeux indéchiffreurs des hommes

Il me suffirait d'une gorgée de ton lait jiculi pour qu'en toi je découvre toujours à même distance de mirage - mille fois plus natale et dorée d'un soleil que n'entame nul prisme - la terre où tout est libre et fraternel, ma terre

11 et 12 avril : Journées internationales de résistances des squats et espaces autonomes

Ouf, un peu d'air !

Biennale de scuplture à Bordeaux

Quelques photos pour vous faire partager la richesse de l'exposition organisée dans le cadre de Nov'art 2007.



100 % coton ?

Voici un texte extrait du livre "Vêtement, la fibre écologique" écrit par Myriam Goldminc et Claude Aubert aux Editions terre vivante. Je l'ai extrait du site mon petit oko. Il souligne l'intérêt d'acheter des vêtements en coton biologique.

Xavier est content. Il vient de s’acheter une nouvelle chemise 100% coton, irrétrécissable, sans repassage, bleu roi – une couleur qu’il affectionne. Elégante, bien coupée, et bon marché. Que désirer de mieux ?
Probablement, Xavier ne s’est pas demandé d’où venait le coton de sa belle chemise, ni ce qui avait bien pu se passer entre le moment ou un paysan africain, ou bien indien, avait semé son champ de coton, et celui où sa chemise était sortie de l’atelier de confection. Heureusement pour lui car il y aurait peut-être regardé à deux fois avant de l’acheter, cette chemise.
Le coton a peut-être bien été cultivé pas un paysan béninois ou sénégalais. Pour protéger sont champ des nombreux insectes qui attaquent le cotonnier, il a dû le traiter une dizaine de fois avec des insecticides dont certains sont depuis longtemps interdits en France, car trop toxiques. Il l’a fait sans protection, faute de disposer de l’équipement nécessaire et d’avoir été bien informé sur les risques qu’il courait. Certes, il n’en est pas mort, mais peut-être fait-il partie des 1,5 million de producteurs de coton intoxiqués chaque année par les pesticides. Il a vendu sa maigre récolte à bas prix, et son acheteur a gardé une bonne partie de l’argent pour payer les engrais et les pesticides qu’il lui avait vendus.
De là, les balles de coton ont été acheminées par camion jusqu’au port le plus proche, puis par bateau quelque part en Europe, où les fibres ont été blanchies-probablement avec du chlorite de soude-et enfin filées. Les bobines de fil ont été expédiées dans une autre usine où le tissu a été fabriqué. Une partie du fil-celle constituant la chaîne-a alors été « encollée », c’est- à- dire enduite d’une substance chimique destinée à la protéger des frottements lors du tissage. Après tissage, le tissu a subi un autre traitement chimique pour le débarrasser du produit d’encollage.
L’étape suivante est la teinture. Parmi les centaines de substances chimiques proposées par l’industrie chimique, l’industriel en charge de la teinture a peut-être choisi le colorant dispersé bleu 124. Un des colorants les plus fréquemment à l’origine d’allergies. Pour d’autres couleurs il aurait pu choisir un colorant azoïque, susceptible de se transformer en arylamines cancérogènes. Pour faciliter la fixation du colorant sur le tissu, il a ajouté un fixateur, chimique évidement.
Avant que cette pièce de coton bleu soit devenue une chemise, il a encore fallu lui conférer les qualités qui ont contribué à la décision d’achat de Xavier. Notamment rendre le repassage inutile. Pour cela, la chemise a été imprégnée de résines synthétiques, contenant presque à coup sûr du formaldéhyde. Un autre traitement chimique l’a rendue irrétrécissable. Un troisième, sans doute à base de soude caustique, lui a donné l’aspect brillant et soyeux qui a séduit Xavier.
La dernière étape a été la confection. Le tissu a repris la mer, en direction d’un pays asiatique, vers un atelier de confection dans lequel travaillent probablement des enfants pour un salaire de misère. Un autre bateau, ou peut-être le même, a repris la mer pour Amsterdam ou Le Havre, d’où un camion a, enfin, amené les chemises à leur destination finale.
La fabrication de cette « belle » chemise a donc nécessité :

  • 100 g de pesticides ;
  • 2 000 à 3 000 litres d’eau ;
  • l’utilisation d’une dizaine de produits chimiques différents pour l’ennoblissement ;
  • 15 000 à 20 000 kilomètres de transport en camion et en bateau ;
  • le travail sous-payé d’un agriculteur,d’ouvriers exposés à des produits chimiques dangereux, et probablement d’enfants ;
  • le rejet dans les rivières d’eau polluée par divers produits chimiques.


Quant aux « 100% coton » annoncés sur l’étiquette, l’information est sans doute exacte si l’on parle des fibres textiles utilisées, mais elle est fausse si l’on considère ce qu’il y a effectivement dans la chemise en question. Elle peut en effet renfermer jusqu’à 10% de produits chimiques divers, principalement des résines, utilisés lors des diverses étapes de l’ennoblissement.
La chemise de Xavier, c’est celle que vous trouvez partout. Bien qu’en coton- une fibre naturelle- elle est tout sauf écologique.


Alors en y réfléchissant bien, acheter les produits les plus courants devient problématique... Connaissez-vous le coton bio ? Il devient tout de suite moins ridicule... Il mérite en tout cas réflexion... Qu'en pensez-vous ?

Black on black : Charles Burns

MONUMENT DE L’ILLUSTRATION, CHARLES BURNS A SIGNÉ QUELQUES UNES DES PLUS BELLES IMAGES PARUES DANS TIME, ROLLING STONE OU THE BELIEVER. DEPUIS PLUS DE DIX ANS, BURNS A DRESSÉ LE PANORAMA D’UNE AMÉRIQUE PERDUE, CELLE DES SEVENTIES, DANS UNE COLLECTION DE COMICS SORTIS AU COMPTE-GOUTTE. AUJOURD’HUI, TOUTE L’AVENTURE EST RÉUNIE, FORMANT LE PAVÉ INTITULÉ « BLACK HOLE ». LE FESTIVAL D’ANGOULÊME VIENT DE LE CONSACRER EN LUI DONNANT UN DE SES PRIX « ESSENTIELS ».

À la lecture des bandes dessinées de Charles Burns, et surtout de son ultime chef d’œuvre, Black Hole, on imagine un homme torturé, et l’on est un peu anxieux à l’idée de le rencontrer. Erreur. Charles Burns est placide, calme et serein, enfin, en apparence. Black Hole, c’est l’histoire des seventies vue à travers le prisme de l’adolescence, avec une intrusion de la science-fiction, à la manière de ce qu’a pu faire Michel Houellebecq lors de son dernier roman, La Possibilité d’une Île , c’est-à-dire que cette intrusion met en relief l’ordinaire, le banal vécu dans le récit. Cette utilisation de l’extra est là pour renforcer le réel, en quelque sorte. Chez Burns, il s’agit d’un « bug », transmis sexuellement, symptôme préfigurant aussi l’avènement du sida. L’auteur poursuit alors l’histoire en s’intéressant aussi bien aux infectés et aux terribles conséquences du syndrome, qu’aux autres, ceux qui survivent. Le style et l’utilisation constante des contrastes et du noir et blanc procurent cette distance qui permet à l’imaginaire de courir le long des cases en complétant de ses propres peurs, de ses propres fantasmes l’univers de Burns. Depuis 1995, Burns dessine ainsi ce roman graphique, et a publié pendant ces années un à deux épisodes annuels, édités par Fantagraphics aux Etats-Unis et repris intégralement et intelligemment par Delcourt en France. Et si certains voyaient en Charles Burns un éternel illustrateur, comme l’avait prouvé sa magnifique pochette de disque pour l’album Brick by Brick d’Iggy Pop, il faudra maintenant lui reconnaître tout le talent d’un raconteur d’histoire, de romancier visuel.

Sur l’idée que ce livre est aussi une autobiographie, Burns a son avis : Oui, je sais que mon éditeur américain, Pantheon, a émis cette observation dans le communiqué de presse envoyé aux journalistes… Forcément, je pense que quoi que l’on fasse, il y a toujours une part autobiographique. De là à dire que Black Hole est autobiographique, ce serait exagéré. Mon adolescence n’a pas été aussi violente et trépidante que dans le livre, mais c’est vrai que l’on peut trouver une sensibilité, un ton qui reflète la vie que je menais à l’époque. Enfin, c’est ce que j’ai voulu faire. Retrouver un sentiment, une émotion… Mais aucun des éléments qui arrivent dans le récit m’est arrivé. Je n’ai jamais vécu dans les bois, par exemple… (rires) .

La présence des bois, renvoie à une crainte en tout cas de l’adolescence, à ce que l’on appelle un « gap », en anglais. En même temps, elle peut être métaphore de l’adolescence, ce moment trouble où l’on s’éloigne des références, de ses parents, pour aller vers autre chose, que l’on n’arrive pas forcément à formaliser, à conceptualiser. Les bois, la nuit, sont aussi des fantasmes enfantins liés à la peur, et au fait de se perdre, seul, en milieu inconnu. La puissance évocatrice de cette image est très forte et Burns le sait. Il donne à cet espace-temps une grande place dans son livre : Je voulais donner un côté assez extrême tout au long de l’histoire. Les bois, le noir, étaient essentiels de ce côté-ci de la narration. Le fait aussi de vouloir comprendre ce que c’est que devenir adulte. Le sentir physiquement, avec les transformations subites, puis émotionnellement, intellectuellement… L’aliénation qui se passe à ce moment-là de la vie est quelque chose d’affreux et de fort. C’est quelque chose de difficile à retranscrire, mais j’ai essayé… . Burns a aussi pris ce livre comme l’aboutissement d’une catharsis, de cette adolescence dont il n’est pas arrivé à se débarrasser jusqu’à la réalisation de Black Hole.

Je travaillais sur ce récit pendant mes temps de pause, lorsque je n’avais pas de travail commercial à réaliser. Et d’une certaine manière, c’est parfait ainsi. J’ai pu prendre de la distance, réfléchir beaucoup plus profondément au déroulement de l’histoire… explique Burns. Pendant la réalisation du livre, les filles de l’auteur ont elles aussi découvert l’adolescence, puisqu’elles ont aujourd’hui respectivement 18 et 16 ans. Pourtant, elles n’ont pas influencé l’œuvre : Je pense que l’histoire de Black Hole est liée à ma propre histoire, et n’est pas le fruit de quelconques observations, de quelconques documentations. Donc, le fait que mes propres enfants passent ce stade ne m’a pas vraiment intéressé, ni influencé. Elles venaient me voir dessiner de temps en temps, et je les laissais lire certains passages, mais elles ne sont pas vraiment fans de comics. Elles doivent juste se demander ce que fait leur père, à dessiner des bandes dessinées, à son âge ! (rires) . Puis, l’on parle de la vision globale de Black Hole: Oui, il a toujours été question de réunir toutes les histoires courtes, tous les épisodes… Je pense qu’il était important de donner au récit ce côté épisodique, cette fragmentation, qui apporte une certaine logique de lecture, un certain rythme aussi… Cela fonctionne comme des chapitres, dans la littérature classique. C’est important pour moi. C’est ce qui donne au livre son côté conceptuel également…. Parlant de structures, de mode de lecture, Burns se rappelle ses influences : Je lisais énormément de bandes dessinées. Aussi bien des comics classiques, comme Batman ou Spiderman, que des choses moins connues aux Etats-Unis, comme la série des Tintin, par exemple. Et rétrospectivement, je pense que Tintin a eu une plus grosse influence sur mon travail que toutes les autres bandes dessinées que j’ai pu lire à l’époque… .

Et la bande dessinée est devenue adulte ? Oui, enfin, je ne sais pas. C’est vrai qu’avec Maus, la bande dessinée de Art Spiegelman, on a parlé d’une nouvelle ère, plus adulte. À partir de ce moment-là, la bande dessinée s’est mise à produire de grandes œuvres, considérées comme étant pour adulte. Aujourd’hui, il y a de temps à autre des bandes dessinées qui peuvent prétendre à cette idée, à cette appellation. Dire que c’est devenu un genre, je ne crois pas. Bien sur, il y a des gens, des auteurs, très intéressants. Chris Ware, Daniel Clowes, Adrian Tomine, Marjane Satrapi… La bande dessinée est loin d’avoir dit son dernier mot .

On pourrait même dire que, dans le cas de Charles Burns, c’est aussi à l’art contemporain que l’on s’adresse, lorsque l’on voit ces différents portraits, Before et After, sur le modèle pensé par Andy Warhol dans les années Pop. Pourtant, Burns ne semble pas passionné : J’aime l’art contemporain, mais en même temps, je ne m’y intéresse pas vraiment. Je m’ennuie beaucoup en faite en voyant la plupart des œuvres faites aujourd’hui… . Et que pensait d’un artiste comme Raymond Pettibon, coqueluche de l’art Californien, dont l’œuvre renvoie constamment à l’univers du comics : J’ai vu des œuvres de lui récemment, de grands dessins à même les murs, des dessins géants. Je me suis dit que la grandeur des dessins ne justifiait pas leurs qualités, qu’ils étaient assez médiocres en fait… . À la grandeur des murs, Burns préfère la discrétion d’un comic book, d’une case, ou de ces doubles où son talent en matière de nature morte est tout simplement époustouflant.
Charles Burns, artiste de son temps.


- Charles Burns, Black Hole, Editions Delcourt.

- page 1 de 4