Le Flog - Culture et actualité politique

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Une prison pour les enfants en région parisienne, on laisse faire ?!

Le camp du Mesnil-Amelot 2 sera le centre de rétention des enfants en Ile de France.
En effet, 2 bâtiments, 40 places seront réservées à des familles, Prévoyant et organisant l'enfermement des enfants, il est une nouvelle fois l'illustration parfaite des effets de la politique du chiffre et de l'industrialisation de la rétention.

Lire la suite et signez la pétition sur le site de la CIMADE.


Pourquoi ils cessent de respecter les contrôles judiciaires...

Les dix personnes mises en examen dans l'affaire dite de Tarnac ont annoncé le 3 décembre dernier leur décision de ne plus respecter le contrôle judiciaire qui perpétue la mauvaise blague dont elles sont victimes depuis le 11 novembre 2008. Publiée dans le Monde vendredi, la tribune est disponible sur le site www.soutien11novembre.org.

Extrait :

Nous désertons. Nous ne pointerons plus et nous comptons bien nous retrouver, comme nous l’avons fait, déjà, pour écrire ce texte. Nous ne chercherons pas à nous cacher. Simplement, nous désertons le juge Fragnoli et les cent petites rumeurs, les mille aigreurs misérables qu’il répand sur notre compte devant tel ou tel journaliste. Nous désertons la sorte de guerre privée dans laquelle la sous-direction antiterroriste voudrait nous engager à force de nous coller aux basques, de "sonoriser" nos appartements, d’épier nos conversations, de fouiller nos poubelles, de retranscrire tout ce que nous avons pu dire à notre famille durant nos parloirs en prison.S’ils sont fascinés par nous, nous ne sommes pas fascinés par eux - eux que nos enfants appellent désormais, non sans humour, les "voleurs de brosses à dents" parce que, à chaque fois qu’ils déboulent avec leurs 9 mm, ils raflent au passage toutes les brosses à dents pour leurs précieuses expertises ADN. Ils ont besoin de nous pour justifier leur existence et leurs crédits, nous pas. Ils doivent nous constituer, par toutes sortes de surveillances et d’actes de procédure, en groupuscule paranoïaque, nous, nous aspirons à nous dissoudre dans un mouvement de masse, qui, parmi tant d’autres choses, les dissoudra, eux. Mais ce que nous désertons d’abord, c’est le rôle d’ennemi public, c’est-à-dire, au fond, de victime, que l’on a voulu nous faire jouer. Et, si nous le désertons, c’est pour pouvoir reprendre la lutte. "Il faut substituer au sentiment du gibier traqué l’allant du combattant", disait, dans des circonstances somme toute assez semblables, Georges Guingouin (Résistant communiste).

Partout dans la machine sociale, cela explose à bas bruit, et parfois à si bas bruit que cela prend la forme d’un suicide. Il n’y a pas un secteur de cette machine qui ait été épargné dans les années passées par ce genre d’explosion : agriculture, énergie, transports, école, communications, recherche, université, hôpitaux, psychiatrie. Et chacun de ces craquements ne donne, hélas, rien, sinon un surplus de dépression ou de cynisme vital - choses qui se valent bien, en fin de compte.

Comme le plus grand nombre aujourd’hui, nous sommes déchirés par le paradoxe de la situation : d’un côté, nous ne pouvons pas continuer à vivre comme cela, ni laisser le monde courir à sa perte entre les mains d’une oligarchie d’imbéciles, de l’autre, toute forme de perspective plus désirable que le désastre présent, toute idée de chemin praticable pour échapper à ce désastre se sont dérobées. Et nul ne se révolte sans perspective d’une vie meilleure, hormis quelques âmes sympathiquement désespérées.

L’époque ne manque pas de richesse, c’est plutôt la longueur du souffle qui lui fait défaut. Il nous faut le temps, il nous faut la durée - des menées au long cours. Un des effets principaux de ce qu’on appelle répression, comme du travail salarié d’ailleurs, c’est de nous ôter le temps. Pas seulement en nous ôtant matériellement du temps - le temps passé en prison, le temps passé à chercher à faire sortir ceux qui y sont -, mais aussi et d’abord en imposant sa propre cadence. L’existence de ceux qui font face à la répression, pour eux-mêmes comme pour leur entourage, est perpétuellement obnubilée par des événements immédiats. Tout la ramène au temps court, et à l’actualité. Toute durée se morcelle. Les contrôles judiciaires sont de cette nature, les contrôles judiciaires ont ce genre d’effets. Cela va bien ainsi.Ce qui nous est arrivé n’était pas centralement destiné à nous neutraliser nous, en tant que groupe, mais bien à impressionner le plus grand nombre ; notamment ceux, nombreux, qui ne parviennent plus à dissimuler tout le mal qu’ils pensent du monde tel qu’il va. On ne nous a pas neutralisés. Mieux, on n’a rien neutralisé du tout en nous utilisant de la sorte.Et rien ne doit plus nous empêcher de reprendre, et plus largement sans doute, qu’auparavant, notre tâche : réélaborer une perspective capable de nous arracher à l’état d’impuissance collective qui nous frappe tous. Non pas exactement une perspective politique, non pas un programme, mais la possibilité technique, matérielle, d’un chemin praticable vers d’autres rapports au monde, vers d’autres rapports sociaux ; et ce en partant des contraintes existantes, de l’organisation effective de cette société, de ses subjectivités comme de ses infrastructures.Car c’est seulement à partir d’une connaissance fine des obstacles au bouleversement que nous parviendrons à désencombrer l’horizon. Voilà bien une tâche de longue haleine, et qu’il n’y a pas de sens à mener seuls. Ceci est une invitation.

Merci pour l'invitation, merci pour la désertion : il faut du courage pour refuser l'arbitraire quand on risque la prison.

Insiders, le peuple de l'Art

Enfin une exposition d'art contemporain dont on n'a pas envie de sortir, pour laquelle on projette une seconde visite, pendant laquelle on a envie de regarder toutes les projections en entier... Même quand elles durent 90 minutes, comme pour Burning man, voyage in Utopia, de Laurent LE GALL. Ce film relate l'incroyable Black Rock City de 2008, "réunion" organisée tous les ans dans le désert du Nevada où tous les participants (qui refusent d'être de simples spectateurs) se rassemblent autour d'un autel pour célébrer... le monde ? la vie ? Aucun dogme n'est défini, seuls les principes du don, de l'effort en commun et du décloisonnement sont affirmés, durant huit jours, dans la fête et la joie. A travers quatre rubriques (Célébrer, Participer, Recycler, Transmettre), Insiders rassemble des pratiques artistiques qui réconcilient la vie quotidienne et l'art, écho d'un temps ancien où l'art et la vie étaient mêlés. Un homme transporte sur son dos une porte dans une Bucarest hallucinante tandis que des architectes enfin libérés perchent des maisons de thés dans des cerisiers en fleurs... Ne manquez pas cette exposition du CAPC de Bordeaux car les œuvres présentées jusqu'au 7 février 2009 dénotent par leur vitalité et la créativité qu'elles démontrent... L'homme est mort... que vivent les hommes !

Travaille d'abord tu t'amuseras ensuite

Une exposition à la Bibliothèque des Capucins de Bordeaux, du 15 septembre au 6 octobre, en parallèle aux Rendez-vous des Terres neuves, concerts et agitation citoyenne du 1er au 3 octobre à Bègles.

Résistance active... minimale !

Alertée ce matin par le Réseau Education Sans Frontières, voici le type de mail que je vous propose d'envoyer aux pouvoirs publics responsables de l'emprisonnement de certains camarades de classe de vos enfants :
Bonjour ! Je viens vous rappeler que Zandale, 8 ans et ses parents, Osman et Hatixhe ISUFI, Albanais, sont aujourd’hui enfermés dans la prison pour étrangers de Metz. La convention internationale des Droits de l’enfant considère que le placement d’un enfant en rétention est un « traitement dégradant ». Je vous demande instamment de faire votre possible pour rendre à cette famille une vie décente, dans notre pays. Ne laissez pas faire ce qui est la honte de vos concitoyens. Avec mes remerciements, Florence LOUIS
J'ai envoyé ce message au préfet des Ardennes, au Secrétaire général de la Préfecture, à la Directrice de la réglementation et au Directeur de cabinet. RESF fournit en effet un historique expliquant la situation actuelle des personnes en question ainsi que les contacts mail et téléphone des responsables directs des tentatives d'expulsions de familles "sans-papiers". Une telle initiative ne porte pas toujours ses fruits, mais elle permet parfois d'éviter le pire et de façon générale de briser le silence autour de telles pratiques. A vos claviers !!!

L'Italie, tête de proue du racisme européen

 Nous n'avons de cesse de mettre en garde les Français contre le traitement actuellement fait aux personnes étrangères en situation irrégulière : chaque semaine voire plusieurs fois par semaine le Réseau Education Sans Frontières nous invite à interpeller préfectures, gouvernement, ministères, quant à l'expulsion silencieuse de pères de famille dont les enfants sont français, de familles entières pourtant "insérées" vers des pays en guerre ou en état de délabrement économique. Certains fonctionnaires continuent à pratiquer la politique du zèle tandis que la Police s'acharne sur ses proies. Cette fois la menace s'amplifie. Elle vient certes de l'extérieur du pays, mais de l'intérieur de la forteresse Europe : la loi sur la sécurité (toujours la même excuse...) et l'immigration a été adoptée le 2 juillet dernier. Elle comprend notamment l'enlèvement à la naissance des enfants nés d'une mère en situation irrégulière. Vous lisez bien : ces enfants ne pourront être déclarés par leur mère et seront mis entre les mains de l'Etat. Après le fichage des enfants Roms, voici leur abandon obligatoire. Confisquer l'identité d'individus sous prétexte d'un racisme institutionnalisé est une innovation en matière de terreur d'Etat. La stérilisation des populations qu'on souhaite supprimer est tristement connue : plus hypocrite, ce vol des enfants rappelle que notre époque est celle des bébés marchandises pour lesquels on loue un utérus.... L'italie est un des pays européens dont le taux de fécondité est le plus faible. Dans un pays où le droit à l'avortement est mis en danger, que signifie une telle menace ? S'agit-il d'élever ces orphelins forcés en parfaits petits Italiens ou simplement de pousser à l'extrème la logique de la chasse aux immigrés ? Un mouvement d'appel à la prise de conscience européenne de la radicalisation de la politique d'immigration italienne qui portait déjà clairement, à l'instar de celle menée par Sarkozy, atteinte aux droits de l'homme, est né. Un appel à signature est passé dans le mensuel italien MicroMega. En voici reproduit la traduction que vous trouverez dans le Courrier international de cette semaine :

A la culture démocratique européenne et aux journaux qui l'expriment :
Les choses qui se produisent en Italie ont toujours eu, pour le meilleur et pour le pire, une influence extraordinaire sur toute la société européenne, depuis la Renaissance italienne jusqu'à l'ère du fascisme. Mais ces choses n'ont pas toujours été connues à temps.
En ce moment, les journaux européens sont très attentifs à certains aspects de la crise qui touche notre pays. Nous estimons toutefois qu'il est du devoir de nous tous qui vivons en Italie d'attirer l'attention de l'opinion publique européenne sur d'autres aspects ignorés. Il s'agit de certaines initiatives politiques et législatives italiennes qui, si on ne parvient pas à les contrecarrer, risquent de défigurer le visage de l'Europe et de faire reculer la cause des droits de l'homme dans le monde entier.
Le gouvernement Berlusconi, invoquant la sécurité, a imposé au Parlement, sur lequel il exerce un contrôle absolu, l'adoption de mesures discriminatoires à l'égard des immigrés telles qu'on n'en voyait plus en Europe depuis l'époque des lois raciales. Le sujet passif de la discrimination a changé, il ne s'agit plus des Juifs mais des immigrés en situation irrégulière, soit des centaines de milliers de personnes. Les dispositions prévues par les lois raciales, comme l'interdiction des mariages mixtes, elles, n'ont pas changé. Par cette interdiction, on empêche, sur des critères de nationalité, l'exercice d'un droit fondamental tel que celui de se marier sans contraintes de type ethnique ou religieux. Un droit fondamental que l'on soustrait ainsi non seulement aux étrangers, mais aussi aux Italiens. Par une disposition portant encore davantage atteinte à la dignité humaine, on a introduit l'interdiction pour les femmes étrangères en situation irrégulière de déclarer les enfants qu'elles ont mis au monde. Ainsi, en vertu d'une décision politique venant d'une majorité éphémère, Même le fascisme n'était pas allé aussi loin. Les lois raciales instaurées par ce régime en 1938 ne privaient pas les mères juives de leurs enfants, ni ne les contraignaient à avorter pour éviter de se faire confisquer leurs enfants par l'Etat.Nous ne nous adresserions pas à l'opinion publique européenne si la gravité de ces mesures n'était telle qu'elle dépasse les frontières nationales et n'exigeait une réaction responsable de toutes les personnes qui croient en une humanité commune.L'Europe ne peut accepter que l'un de ses pays fondateurs régresse à un niveau primitif de vivre-ensemble, en contradiction avec les lois internationales ainsi qu'avec les garanties et la culture juridiques sur lesquelles se fonde la construction politique européenne.Il est dans l'intérêt - et il en va de l'honneur - de nous tous Européens que cela ne se produise pas.
La culture démocratique européenne doit prendre conscience de la pathologie qui vient de l'Italie et se mobiliser pour empêcher qu'elle se répande en Europe. A chacun de choisir la meilleure façon de manifester et de faire valoir son opposition.
Andréa Camilleri, Antonio Tabucchi, Dacia
Maraini, Dario Fo, Gianni Amelio, Wu Ming et 34 000 autres signataires

Pour commencer, vous pouvez signer cet appel en italien et en anglais...

Pétition pour la régularisation des travailleurs sans papiers de Bordeaux

Le Réseau Education sans frontières Gironde RESF33 soutient depuis sa création le collectif des travailleurs sans papiers de Bordeaux, qui se réunit les samedis à 16h dans les locaux de l’ASTI 10 rue Causserouge. Il vous invite à les soutenir en signant cette pétition.

"Non à l'ordre nouveau" : défendre la liberté de vivre

Le Monde du jour publie un appel d'intellectuels de renom (citons Alain Badiou, Judith Butler, Jean-Luc Nancy, Jacques Rancière...) à la libération immédiate des neuf personnes arrêtées à Tarnac, en mettant en œuvre la législation antiterroriste. Une fois établie l’inconsistance de l’accusation de sabotage des caténaires, l’affaire a pris un tour clairement politique. Pour le procureur de la République, le but de leur entreprise est bien d’atteindre les institutions de l’État, et de parvenir par la violence – je dis bien par la violence et non pas par la contestation qui est permise – à troubler l’ordre politique, économique et social. Sur le site de soutien aux inculpés du 11 novembre, vous pouvez lire une lettre ouverte signée des parents des jeunes gens :
Nous sommes bien obligés de dire à Michelle Alliot Marie que si la simple lecture du livre "L'insurrection qui vient" du Comité Invisible fait d'une personne un terroriste, à force d'en parler elle risque de bientôt avoir à en dénombrer des milliers sur son territoire.
Tremblons, braves gens ! J'ai moi-même cité cet excellent petit essai dans un des billets du Flog. Vous invitant toujours à le lire, je vous propose de soutenir nos jeunes collègues libres penseurs et de rester vigilants...

Appel à une mobilisation massive des Citoyens, 8 août 2008 par La Communauté Tibétaine

Appel à une mobilisation massive des Citoyens actifs pour une manifestation nationale du 8 août 2008 sur le parvis des Droits de l’homme au Trocadéro à Paris à 13h afin de dénoncer la mascarade des "Jeux Olympiques" de la Honte de Pékin et les répressions chinoises dans le Tibet occupé au mépris des normes du Droit International : de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale du Tibet. A Bordeaux, rendez-vous place Pey-Berland de 13h à 18 heures et à partir de 18 heures 30 au miroir d'eau.

Féminisme Black

Bell hooks, Laura Alexandra Harris, Hazel Carby... Autant d'auteurs américaines qui n'évoquent rien à la plupart d'entre nous. Et pourtant, quelle vigueur, quel dynamisme soufflent dans leurs pages, enfin présentées en France dans une anthologie du féminisme afro-américain, 1975-2000, intitulée Black feminism, et publiée cette année chez L'Harmattan.
Quels sont les mots qui vous manquent encore ? Qu'avez-vous besoin de dire ? Quelles sont les tyrannies que vous avalez jour après jour et que vous essayez de faire vôtres, jusqu'à vous rendre malade et à en crever, en silence encore ? Peut-être que pour certaines d'entre vous, ici aujourd'hui, je suis le visage d'une de vos peurs. Parce que je suis femme, parce que je suis Noire, parce que je suis lesbienne, parce que je suis moi - une poète guerrière Noire qui fait son boulot -, venue vous demander : et vous, est-ce que vous faites le vôtre ?
Et bien sûr, j'ai peur, car transformer le silence en paroles et en actions est un acte de révélation de soi, et cet acte semble pleins de dangers. Quand je lui ai parlé de notre sujet de discussion et de mes difficultés, ma fille m'a dit : "Raconte-leur qu'on n'est jamais une personne à part entière si on reste silencieuse, parce qu'il y a toujours cette petite chose en nous qui veut prendre la parole. Et si on continue à l'ignorer, cette petite chose devient de plus en plus fébrile, de plus en plus en colère et si on ne prend pas la parole, un jour, cette petite chose finira par exploser et nous mettre son poing dans la figure." Audre Lord, "The transformation of Silence into Language and Action", 1977, trad. M. C. Calise.
Après une introduction riche et argumentée sur l'évolution du féminisme américain, dix textes nous rappellent les luttes, leurs raisons, leurs moyens, leurs victoires et échecs, et font le lien entre ces années 1970 célébrées comme "libération de la femme", et nos jours de déclin et de triste misogynie. Il est fondamental de comprendre combien la pensée féministe a avancé, a progressé, tenté de dépasser les conflits entre Blanches et Noires par exemple, le racisme minant l'unité des femmes de l'intérieur : des armes de pensée pour réouvrir les yeux. Réfléchir à partir de la situation des plus exclues oblige à l'universalité du propos. Toutes les femmes sont blanches, tous les Noirs sont les hommes, mais nous sommes quelques-unes à être courageuses.

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