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  <title>Le Flog - Culture et actualité politique</title>
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  <language>fr</language>
  <pubDate>Mon, 28 May 2012 21:41:22 +0200</pubDate>
  <copyright></copyright>
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    <title>&quot;Sur la planche&quot; de Leïla Kilani</title>
    <link>http://www.leflog.net/post/maroc-film-2012-Kilani</link>
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    <pubDate>Tue, 28 Feb 2012 13:59:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Florence Louis</dc:creator>
        <category>Culture</category>
        <category>Kilani-Maroc-film</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img title=&quot;planche-kitani&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.leflog.net/public/aff_sur_la_planche.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Révélation que ce film de Leïla Kilani actuellement en salle. &lt;strong&gt;Le Maroc tel que vous ne l'avez jamais vu, féminin, urbain, prolétaire, rageur. Il y a de la Rosetta chez cette Badia, &lt;/strong&gt;l'héroïne que nous suivons pas à pas de sa chambre chez une loueuse à son usine de fille-crevette : avec sa comparse Imane elles sont venues &quot;du centre&quot; du pays pour &lt;strong&gt;trouver à Tanger de quoi survivre&lt;/strong&gt;. Et c'est ce qu'elles essaient de faire, seules, sans foi ni loi, aux prises avec le capitalisme, la consommation, le vol, la prostitution, les amitiés clandestines. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Badia nous subjugue par son corps qu'elle lave à outrance, son regard dur et inquiet, ses tirades folles qui oscillent entre poésie argotique et logorrhée névrotique. Badia se bat pour éviter de tomber, &quot;tomber d'elle-même&quot; comme elle le dit. Le couple qu'elle forme avec Imane la douce devient vite quatuor et le danger grandit comme le butin que ces quatre filles convoitent. Avoir vingt ans à Tanger en 2012, qu'est-ce que cela donne ? Oubliez les clichés et plongez dans ces vies incandescentes, brutes et rebelles.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Lisbonne, 2003, 2012</title>
    <link>http://www.leflog.net/post/Lisbonne-2012</link>
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    <pubDate>Mon, 20 Feb 2012 10:24:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Florence Louis</dc:creator>
        <category>Culture</category>
        <category>poésie-Lisbonne</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img title=&quot;Lisbonne-foxtrot-FLOUIS&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.leflog.net/public/.FLOUIS-Lisboa-FOXTROT_m.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Douce nuit &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fernando&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ton chapeau est tombé&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ton nez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Démoli&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps s'est écoulé&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ta Lisboa&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;aux lourds pavés&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;t'éblouirait-elle ?&lt;/p&gt;
Pessoa, personne
&lt;p&gt;n'ignore que nous n'en sommes plus là,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;où sommes-nous Fernando ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nageons dans l'oubli&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;et les morts nous rappellent &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;qu'un jour il fut un monde&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;et qu'il se désintègre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;désagrège&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;sous nos yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos yeux qui ne voient plus &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;que l'Un artificiel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos cœurs qui vagabondent &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;sans que rien ne rassure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mélodie n'est plus&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;seul le rythme accélère &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;et bat dans nos artères &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;comme le&amp;nbsp; marteau du temps. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img title=&quot;Lisbonne-rue-FLOUIS&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.leflog.net/public/.FLOUIS-Lisboa-rue_m.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Pourquoi Eva Joly demeure le seul vote utile</title>
    <link>http://www.leflog.net/post/Eva-Joly-vote-utile</link>
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    <pubDate>Mon, 30 Jan 2012 18:16:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Florence Louis</dc:creator>
        <category>Politique</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img title=&quot;BEN-art-utile&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.leflog.net/public/.ben_t.jpg&quot; /&gt;Au plus bas des intentions de vote d'après &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/01/28/le-rejet-d-eva-joly-dans-l-opinion-trouble-les-verts_1635801_1471069.html&quot;&gt;l'enquête IPSOS commandée par Le Monde&lt;/a&gt;, candidate d'un parti qui signe &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/01/30/l-analyse-du-budget-d-eva-joly-etait-realisee-par-un-militant-vert_1636296_1471069.html&quot;&gt;une bourde retentissante&lt;/a&gt; en publiant une étude validant son budget au nom de quatre économistes, dont trois démentent, Eva Joly conserve pourtant toute sa légitimité.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Analyser les raisons de son rejet dans l'opinion amène à privilégier quelques pistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une part la rhétorique sur le vote utile fait du vote PS une obligation pour beaucoup : évidemment le souvenir du 21 avril 2002 est à l'origine du mot d'ordre. Pourtant quelle est l'utilité d'une élection présidentielle où il faudrait voter PS, quelque soit le candidat du parti ? Et quel avenir pour le débat démocratique si le PS est assuré de rallier la gauche en raison de sa position hégémonique ?Le PS de droite nous promet l'austérité qui &quot;rassurera les marchés&quot;. Elle est à l’œuvre &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.courrierinternational.com/article/2012/01/12/les-orphelins-de-la-crise&quot;&gt;en Grèce : les cas d'abandon d'enfants se multiplient&lt;/a&gt;, parce que les familles tombent dans la misère. Allons-nous sans broncher nous jeter dans la gueule du loup, parce qu'en face les monstres sont encore plus effrayants ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sens du premier tour est bien de donner une image des différents points de vue des Français, afin d'influencer ensuite le gagnant du deuxième tour pour composer son gouvernement. Hollande a montré récemment le peu de sens écologique dont il fait preuve. Le score d'Eva Joly doit être respectable afin que les ambitions écologistes (sortie du nucléaire, respect de l'interdiction des OGM, débat sur les pesticides et l'agriculture dominante, réflexion sur l'industrie...) trouvent une place dans l'après mai 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, la médiocrité de la campagne médiatique d'Eva Joly est-elle due à la candidate elle-même ? Sa radicalité est critiquée : c'est pour moi un contresens. Le projet porté par l'écologie se doit d'être radicalement à gauche, au risque d'être confisqué par un pouvoir autoritaire. En effet, une société qui tendait vers une véritable justice sociale démocratiserait la véritable révolution culturelle nécessitée par le réchauffement climatique comme par la crise économique. Au contraire, et c'est déjà ce qui se passe aux franges extrême de la société française, les réductions énergétiques nécessaires ne seraient dans une société inégalitaire que supportées par les pauvres (rappelons &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.emmaus-france.org/actualite/la-fondation-abbe-pierre-lance-sa-campagne-dhiver-sur-la-precarite-energetique-303&quot;&gt;la campagne Emmaüs&lt;/a&gt; affirmant que 3,7 millions de Français souffrent du froid l'hiver), tandis que les classes les plus aisées jouiraient sans compter d'une électricité qu'ils pensent mériter. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si sa radicalité est critiquée, c'est certainement parce que l'écologie d'Eva Joly est colportée par des médias aux ordre d'un pouvoir qui entend s'autoconserver et poursuivre un mode de vie luxueux aux antipodes de toute sobriété (voir sur ce point bien sûr &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.lesnouveauxchiensdegarde.com/&quot;&gt;Les nouveaux chiens de garde&lt;/a&gt;). Le programme Lepéniste est seul désormais à être présenté par les médias comme alternatif : pas étonnant qu'il recueille l'espoir des téléspectateurs formés depuis 50 ans à une idéologie sécuritaire et raciste. Or c'est bien l'écologie qui doit tracer la nouvelle voie, tout simplement parce que c'est la seule qui revient aux failles originelles de notre civilisation moderne capitaliste. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais plus précisément, cette radicalité est certainement surtout critiquée au sein même de son parti : Eva Joly n'est pas Mélenchon qui a réussi à rassembler autour de lui le PC et le Front de Gauche. Bien loin de cette alliance, Eva Joly a été élue candidate d'Europe Ecologie alors qu'une forte partie des cadres soutenait Nicolas Hulot. Et entre Hulot et Joly, la différence ne tient pas qu'à la personne : c'est une opposition frontale. Personnellement jamais je n'aurais voté Hulot, qui représente à mes yeux la tartufferie la plus noire, un écran de fumée écologiste porté par des classes riches attachées elles aussi à leurs trains de vie certes un peu plus verts, mais toujours aussi bleus d'un point de vue social. Cette fracture au sein même du parti est certainement ce qui affaiblit le plus Eva Joly. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant ses prises de positions ces derniers mois sur les affaires, contre Hadopi, pour la diversité culturelle, face à Marine LePen, contre Sarkozy avec son &quot;Chômez plus pour gagner moins&quot;... m'ont toujours fait l'effet d'éclairs d'intelligence au milieu de l'obscurité médiatique. Voici son attitude face aux mauvaises nouvelles du jour quant à sa campagne : &quot;&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.francetv.fr/info/eva-joly-refuse-de-reculer-devant-la-difficulte_55835.html&quot;&gt;C'est la nuit qu'il fait beau croire à la lumière&lt;/a&gt;&quot;. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Espérance parce qu'utopie : c'est toute la difficulté qui nous assaille dans tous les domaines de nos vies. Nous devons tout réinventer. Mais avons-nous d'autres choix ? &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah, j'oubliais : Madame Joly est une femme. Cela pourrait-il jouer en sa faveur, rassemblant les électrices? Que nenni ! Les Françaises se rêvent bien trop en Anne Sinclair pour admirer Eva Joly.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>2012</title>
    <link>http://www.leflog.net/post/voeux2012</link>
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    <pubDate>Mon, 09 Jan 2012 10:52:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Florence Louis</dc:creator>
        <category>Culture</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img title=&quot;voeux 2012&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.leflog.net/public/.VOEUX2012FlorenceLOUIS_m.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>&quot;Pourquoi je ne connais pas ces invisibles qui travaillent  à l'ombre des réacteurs pour m'apporter la lumière ?&quot;</title>
    <link>http://www.leflog.net/post/nucl%C3%A9aire-emploi-UMP</link>
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    <pubDate>Sat, 12 Nov 2011 11:17:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Florence Louis</dc:creator>
        <category>Politique</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img title=&quot;manif-nucléaire-bordeaux&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.leflog.net/public/.DSC00782_m.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On croit rêver : l'UMP exhorte Hollande à cesser ses négociations avec les Verts &quot;dans l'intérêt de la France&quot;. Alors prenons l'argument au sérieux : au nom de quels intérêts devrait-on sacrifier notre avenir au nom du nucléaire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule réponse recevable pour le Français serait : au nom de l'emploi. Mais quels emplois offre la filière nucléaire ? Le roman La centrale d'Elisabeth Filhol (édition POL) en offre une description saisissante : car si les travailleurs sont de plus en plus des sous-traitants, c'est parce que le danger lié à la présence même au sein de la centrale &quot;gêne&quot; la gestion du personnel. Lorsque la dose d'irradiation maximale est atteinte, le travailleur doit cesser de travailler. Et se retrouver le carreau.&amp;nbsp; Sans parler de l'accident, de la contamination : «&amp;nbsp;On pourra marcher tant qu'on veut, respirer à pleins poumons, ça ne se nettoie pas.&quot; Extrait :&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;« &lt;em&gt;Chinon - Trois salariés sont morts au cours des six derniers mois, trois agents statutaires ayant eu chacun une fonction d'encadrement ou de contrôle, qu'il a bien fallu prendre au mot par leur geste, et d'eux qui se connaissaient à peine on parle désormais comme de trois frères d'armes, tous trois victimes de la centrale et tombés sur le même front. Un front calme.(...) Ce qu'on lit dans les journaux et ce qu'en pensent les gens, c'est que trois décès par suicide à quelques mois d'intervalle, trois techniciens employés à la centrale, sur le poids de la vie, et qu'on ne peut quand même pas charger la centrale de ce poids-là, alors que rien ne prouve que l'un ou l'autre, époux et père de famille, ait rencontré des problèmes dans sa vie privée, en posant néanmoins la question, et de ce fait en posant déjà le doute, et de ce doute il restera toujours quelque chose, ce qu'en pensent les gens, sur la loi des séries, c'est qu'il y a en l’occurrence bien peu de hasards, et trop de dysfonctionnements, malaise des hommes, et sonnettes d'alarme qui ont été tirées en vain. ».&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;De la fiction ? Le documentaire d'Alain de Halleux, &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.antinucleaire.be/spip.php?article6&quot;&gt;Nucléaire, RAS&lt;/a&gt; est tout aussi saisissant : &quot;c'est quand même honteux de souffrir dans son travail et de ne pas pouvoir faire son travail correctement&quot; dit un des ouvriers.&amp;nbsp; &quot;Si quelque chose fait évoluer le nucléaire en France, ce sera l'accident.&quot; dit un autre. Quelle région française sera ainsi supprimée de la carte ?&lt;br /&gt;Quels intérêts tiennent autant à cœur de nos dirigeants, droite et gauche gouvernementale (à moins que le PS ose tenir une position novatrice et courageuse face à une opinion publique manipulée) ? Le business du nucléaire est non seulement juteux, mais il offre un marché à très long terme : car si Areva construit les centrales l'entreprise se charge aussi de les &quot;déconstruire&quot;, comme on l'a vu à Fukushima. &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le débat démocratique ne doit pas porter sur le maintien des industries françaises qui ruinent le monde, le nucléaire en tête, mais sur le monde dans lequel nous voulons vivre.&lt;/strong&gt; Et du travail, pour le construire ce monde, il y en a. &lt;br /&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Cocktails molotovs et petites pépés : de la violence ordinaire en France</title>
    <link>http://www.leflog.net/post/r%C3%A9f%C3%A9rendum-grece-occupy-d%C3%A9fense</link>
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    <pubDate>Sat, 05 Nov 2011 17:17:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Florence Louis</dc:creator>
        <category>Politique</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img title=&quot;pancarte-fillette&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.leflog.net/public/.DSC00803_m.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les événements se mêlent et forment une image fulgurante : cette semaine, de ma province, je me suis promenée en pensée dans Paris, dans ces endroits que je connais par cœur : rue des Pyrénées, rue de Turbigo, Place du Châtelet, Esplanade de la défense. Dans les unes on incendiait l'abri de familles ou la rédaction d'un journal,&amp;nbsp; dans les autres on manifestait, pour Jésus-Christ ou pour les 99% de la population mondiale qui ne font pas partie des 1% &quot;les plus&quot;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du feu, des cris, les pauvres jetés à la rue, la presse et le théâtre sommés de se taire, et en face, encore à l'heure qu'il est, des indigné-e-s qui jouent aux David devant les Goliath de la Défense. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut ajouter à ce spectacle la stupeur ressentie en entendant les commentaires de la proposition de référendum en Grèce. &quot;Évidemment, évidemment, a t-on répété, les marchés ne supportent pas l'idée que les Grecs puissent donner leur avis sur le régime qui leur est imposé.&quot; Ils auraient dit non, ils disent non : ils auraient pu dire &quot;stop, on ne joue plus. On arrête.&quot; Quelle folie ! Dans quel enfer se seraient-ils jetés ? Tout sauf l'autodétermination des peuples, voilà le message du coup de théâtre de Papandréou. Prêts à tout pour que continuent la ronde des politiques que la foule insulte dans les rues d'Athènes, les ajustements structurels qui réduisent les pensions des handicapés, l'achat d'armes à l'étranger qui fait de la Grèce le premier consommateur européen... Etc.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On remet de l'essence dans le moteur et on redémarre. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On envoie les CRS : pour les Roms, pour Charlie Hebdo, pour la pièce de Romeo Castelluci, pour #Occupy Wall Street et la Défense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Expulsions, xénophobie, extrémisme religieux, anarcho-capitalisme : à la violence répond la violence. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un référendum ? De quoi parlons-nous ? Celui de 2005 a été piétiné.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors quoi ? Ah oui, aujourd’hui aussi, se déroulait aussi u&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.collectifdroitsdesfemmes.org/spip.php?article325&quot;&gt;ne manifestation contre les violences faites aux femmes&lt;/a&gt;. Le débat sur le viol a été ré ouvert récemment, certes. Il a jeté la lumière sur des pratiques banales chez les 1%&amp;nbsp; : l'affaire du Carlton de Lille, Dodo la Saumure et les chambres &quot;avec colis&quot;.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reprendre la parole. individuellement, publiquement. C'est la réponse que constitue la pancarte. &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.flickr.com/photos/daidix/6313753492/in/set-72157628054496252/lightbox/&quot;&gt;&lt;em&gt;&quot;J&lt;em&gt;e suis tellement énervée que j'écris une pancarte&lt;/em&gt;&quot;&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; peut-on lire chez les 99 %, ici comme aux USA. C'est déjà un début.&amp;nbsp; &lt;/p&gt;
NB : une petite collection de pancartes ainsi qu'une analyse du traitement par les médias du mouvement #Occupy Wall Street sur &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.acrimed.org/article3709.html&quot;&gt;Acrimed&lt;/a&gt;.
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Who is who</title>
    <link>http://www.leflog.net/post/khadafi-sarkozy-2007-amis</link>
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    <pubDate>Thu, 20 Oct 2011 18:19:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Florence Louis</dc:creator>
        <category>Politique</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img title=&quot;khadafi-sarkozy-amis&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.leflog.net/public/kadhafi-sarkozy.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Eva es-tu là ?</title>
    <link>http://www.leflog.net/post/Eva-Joly-Finkielkraut-nucl%C3%A9aire</link>
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    <pubDate>Tue, 18 Oct 2011 14:23:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Florence Louis</dc:creator>
        <category>Politique</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img title=&quot;Eva-Joly-Bjork&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.leflog.net/public/evajoly-bjork.jpeg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque l'époque est au soutien en vue des Présidentielles, voici ma candidate,&amp;nbsp; en bonne compagnie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son émission &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.franceculture.com/emission-repliques-l-inquietude-ecologique-2011-10-15.html&quot;&gt;&lt;em&gt;Répliques&lt;/em&gt;, sur France Culture, samedi dernier&lt;/a&gt;, consacrée à &quot;l'inquiétude écologique&quot;, A. Finkielkraut s'est permis de parler de la &quot;cruauté&quot;&amp;nbsp; d'Eva Joly envers les personnes mises en examen (pourtant gens de haute condition), quand, alors juge d'instruction, elle osait les faire attendre une journée entière avant leur audition. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je préfère pour ma part souligner sa droiture. Ci-dessous un extrait d'une &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/10/18/eva-joly-la-gauche-serait-folle-de-ne-pas-sortir-du-nucleaire_1589458_823448.html#ens_id=1402952&amp;amp;&quot;&gt;interview &lt;/a&gt;publiée sur le Monde.fr, à lire d'urgence.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que se passera-t-il si François Hollande ne se prononce pas pour une &lt;em&gt;&quot;sortie du nucléaire&quot;&lt;/em&gt; ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le coup, ce ne serait pas la &lt;em&gt;&quot;gauche molle&quot;&lt;/em&gt; mais la &lt;em&gt;&quot;gauche folle&quot;&lt;/em&gt;. Je me rends ce soir à Fukushima : après une telle catastrophe, ce serait irresponsable de persister dans le nucléaire.&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous parlez beaucoup de VI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; République, d'éthique. Est-ce bien ce que les électeurs attendent d'une candidate écologiste à la présidentielle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
Le premier chantier écologique, c'est de dépolluer la République. Si on veut s'attaquer aux maux de la planète, il faut mettre en place une République exemplaire et redonner le pouvoir aux citoyens. Je veux une République de la parité, de la proportionnelle et du droit de vote pour tous.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>&quot;Il ne s'est pas rendu, il ne s'est pas vendu, il n'a pas fléchi.&quot;</title>
    <link>http://www.leflog.net/post/Marcos-mexique-lettre-chiapas</link>
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    <pubDate>Mon, 26 Sep 2011 12:33:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Florence Louis</dc:creator>
        <category>Politique</category>
            
    <description>    &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;img title=&quot;art-precolombien&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.leflog.net/public/347.jpg&quot; /&gt;&lt;br /&gt;Voici la troisième lettre du Sous-commandant Marcos à don Luis Villoro, que l'association &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.espoirchiapas.com/indexbis.htm&quot;&gt;Espoir Chiapas&lt;/a&gt; m'a envoyée ce matin. Je ne publie pas les deux premières parties, trop détaillées pour les non assidus à la situation mexicaine. Le reste est, comme chaque fois, passionnant, pour tous. &lt;br /&gt;&lt;p&gt;&lt;!--[if gte mso 9]&gt;&lt;xml&gt;
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&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;
Don
Luis,&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Recevez un salut de nous tou-te-s et une forte
accolade de ma part. Nous espérons que votre santé s’est améliorée, et que la
pause dans cet échange aura servi à mettre à l’épreuve de nouvelles hypothèses
et réflexions.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Bien que la réalité actuelle semble se précipiter de
façon vertigineuse, une réflexion théorique devrait être capable de la
«&amp;nbsp;geler&amp;nbsp;» un instant pour y découvrir ainsi les tendances qui nous
permettent, en révélant leur gestation, de voir vers où elle va.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;(Et en parlant de la réalité, il me revient que
c’est depuis La Realidad zapatiste que j’ai proposé à don Pablo González
Casanova un échange&amp;nbsp;: lui devait me faire parvenir un paquet de biscuits
Pancrema, et moi, je devais lui envoyer un supposé et improbable livre de
théorie politique - pour l’appeler d’une façon ou d’une autre. Don Pablo a
accompli sa part de l’accord, et la longue marche de notre calendrier m’a
empêché de tenir la mienne... pour l’instant. Mais je crois qu’au cours des
prochaines pluies, il y aura davantage de paroles.)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Comme peut-être cela a été insinué dans notre
correspondance (et dans les lettres de ceux qui, généreux, ont adhéré à ce
débat), la théorie, la politique et l’éthique s’entremêlent de plusieurs façons
guère évidentes.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Il ne s’agit certainement pas de découvrir ou de
créer des VÉRITÉS, ces meules de moulin qui abondent dans l’histoire de la
philosophie et de ses filles bâtardes&amp;nbsp;: la religion, la théorie et la
politique.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Je crois que nous serions d’accord sur le fait que
notre effort vise davantage à essayer de faire ressortir les lignes pas
évidentes, mais substantielles, de ces occupations.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Faire «&amp;nbsp;descendre&amp;nbsp;» la théorie vers
l’analyse concrète est l’un des chemins. Un autre est de l’ancrer dans la
pratique. Mais dans les lettres, on n’accomplit pas cette pratique, au mieux on
en rend compte. Ainsi je crois que nous devons continuer à «&amp;nbsp;ancrer&amp;nbsp;»
nos réflexions théoriques dans les analyses concrètes ou, plus modestement,
délimiter leurs coordonnées géographiques et temporelles. C’est-à-dire insister
sur le fait que les paroles sont dites (écrites, dans ce cas) depuis un lieu et
dans un temps spécifique.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Dans un calendrier et une géographie.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;!--[if gte mso 9]&gt;&lt;xml&gt;
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&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;L’apathie est peu à peu remplacée par la rancœur, et
il ne manque pas de rêves où on parvient enfin à enterrer le système politique
mexicain, et où des mains plébéiennes gravent sur sa tombe l’épitaphe&amp;nbsp;:
«&amp;nbsp;Il a choisi la difficulté, mais tout a une fin.&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Pendant ce temps la guerre continue... et avec elle
les victimes...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;(...)&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;III. Accuser la victime&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Un psychologue nord-américain, William Ryan, a écrit
en 1971 un livre intitulé &lt;em&gt;Accuser la victime&lt;/em&gt; (&lt;em&gt;Blaming the Victim&lt;/em&gt;).
Bien que son intention initiale ait été une critique de ce qu’on appelle le
«&amp;nbsp;Rapport Moynihan&amp;nbsp;», qui prétendait rendre responsable de la
pauvreté parmi la population noire des États-Unis des conduites et des modèles
culturels, et non la structure sociale, cette idée a été employée davantage
pour des cas de sexisme et de racisme (plus fréquemment dans des cas de viol,
où on accuse la femme d’avoir «&amp;nbsp;provoqué&amp;nbsp;» le violeur par ses
vêtements, son attitude, le lieu, etc.).&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Bien que l’appelant autrement, Theodor Adorno a
décrit cette façon d’«&amp;nbsp;accuser la victime&amp;nbsp;» comme l’une des
caractéristiques qui définissent le fascisme.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Dans le Mexique contemporain, ce sont des membres du
haut clergé, des autorités gouvernementales, des artistes et des «&amp;nbsp;leaders
d’opinion&amp;nbsp;» des médias qui ont eu recours à cette arnaque pour condamner
des victimes innocentes (principalement des femmes et des mineurs).&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;La guerre de Felipe Calderón Hinojosa fait de ce
trait fasciste tout un programme de gouvernement et d’administration de la
justice. Et bien des médias l’ont adopté, pénétrant ainsi la pensée de ceux qui
croient encore à ce qui se dit ou s’écrit dans la presse, à la radio ou à la
télévision.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Quelqu’un, quelque part, a signalé que les crimes
contre des innocents renferment toujours une triple injustice&amp;nbsp;: celle de
la mort, celle de la faute et celle de l’oubli.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Tout le système dont nous souffrons bichonne,
conserve et cultive le nom et l’histoire de l’assassin, que ce soit pour sa
condamnation ou pour sa glorification.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Mais le nom et l’histoire des victimes restent à
l’arrière-plan.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Au delà du cercle de leurs parents et de leurs amis,
les victimes sont assassinées à nouveau quand on les condamne à devenir un
numéro dans les statistiques. Et beaucoup d’entre elles n’ont même pas droit à
cela.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Dans la guerre que Felipe Calderón Hinojosa a
imposée à la société du Mexique tout entière, sans distinction de classe
sociale, de race, de croyance, de sexe ou d’idéologie politique, s’ajoute une
douleur de plus&amp;nbsp;: celle d’étiqueter ces victimes innocentes comme des
criminels.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;On déguise ainsi l’empire de l’impunité sous la
mention «&amp;nbsp;règlement de comptes entre narcotrafiquants&amp;nbsp;».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Et cette lourde dalle tombe également sur les
parents et les amis.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;L’injustice régnante ne sert pas seulement à
garantir l’impunité à des fonctionnaires gouvernementaux de toute sorte,
fédéraux, des États ou municipaux. Elle accable aussi les parents et les amis
des victimes.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Leurs morts le sont une deuxième fois quand
socialement on se passe de leur nom et de leur histoire, et quand une vie
droite est déformée au moyen des qualificatifs prodigués par les autorités et
répétés jusqu’à la nausée par les médias.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Les victimes de la guerre se transforment alors en
coupables et le crime qui leur coupe les membres ou les assassine n’est rien
d’autre qu’une forme quasi divine de justice&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;ils, elles l’ont
bien cherché&amp;nbsp;».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;On se souviendra de Felipe Calderón Hinojosa comme
d’un criminel de guerre, peu importe qu’à présent, entouré d’accolades et de
scapulaires, il joue au grand homme d’État ou au «&amp;nbsp;sauveur de la
patrie&amp;nbsp;».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Et on se souviendra de son histoire avec rancœur.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Il n’obtiendra même pas, faute de justice, la
raillerie et la dérision populaires qui accompagnent d’habitude la sortie des
mandataires.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Ses pathétiques singeries de «&amp;nbsp;guide
touristique&amp;nbsp;», l’illégalité et l’illégitimité de son arrivée à la
présidence, ses échecs politiques, sa responsabilité dans la crise économique,
le fait de s’entourer d’une équipe de gros bras et de porte-flingue déguisés en
hauts fonctionnaires, le népotisme, la consolidation de ce qui est déjà connu
comme «&amp;nbsp;le cartel de Los Pinos&amp;nbsp;»&amp;nbsp;; tous ses ridicules demeureront
au second plan.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Il restera sa guerre, perdue, avec son sillage de
victimes «&amp;nbsp;collatérales&amp;nbsp;»&amp;nbsp;: la défaite, l’usure et le discrédit
irrémédiables des forces armées fédérales (les séries télévisées ne pourront
rien faire, ou bien peu, pour endiguer la chose)&amp;nbsp;; la cession de la
souveraineté nationale à l’empire des barres et des troubles étoiles (on l’a
déjà dit auparavant&amp;nbsp;: les États-Unis d’Amérique seront les seuls
vainqueurs dans cette guerre)&amp;nbsp;; l’anéantissement des économies locales et
régionales&amp;nbsp;; la destruction irréparable du tissu social&amp;nbsp;; et le sang
innocent, toujours le sang innocent...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Il est bien possible que la mort n’ait pas de
remède. Que rien ne puisse remplir le creux de solitude et de désespoir que
laisse la mort d’un innocent.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Il est bien possible que rien de ce qu’on puisse
faire ne ramène à la vie les dizaines de milliers d’innocents morts dans cette
guerre.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Mais ce qu’on peut faire à coup sûr, c’est de lutter
contre cette thèse fasciste d’«&amp;nbsp;accuser la victime&amp;nbsp;» et nommer les
morts, et ainsi retrouver leurs histoires.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Les libérer ainsi de la faute et de l’oubli. Alléger
leur absence.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;IV. Nommer les morts et leur histoire&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Mariano Anteros Cordero Gutiérrez, c’était son nom.
Il allait avoir vingt ans quand, le 25 juin 2009, à Chihuahua, il a été
assassiné.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Le père de Mariano, le licencié Mariano Cordero
Burciaga, a rencontré celui qui était alors gouverneur de l’État de Chihuahua,
José Reyes Baeza, celui-ci lui a dit que l’assassinat était le produit d’une
confusion de rue. Quelques semaines plus tard, des représentants du Barreau de
l’État ont demandé une explication des faits aux autorités concernées.
Celles-ci ont répondu que cela avait été «&amp;nbsp;un règlement de comptes entre
narcotrafiquants&amp;nbsp;». Accuser la victime.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Voici des lambeaux de son histoire&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Mariano étudiait à l’Institut technologique de
Parral (ITP), la filière d’ingénierie en gestion d’entreprises, et il avait
reçu la lettre d’acceptation pour étudier le droit à l’Université autonome
España de Durango, Campus Parral.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Avant ces études, il avait été missionnaire
volontaire, à l’internat mariste du village de Chinatú, commune de Guadalupe y
Calvo, État de Chihuahua. Il était responsable de trente-deux enfants indigènes
qui suivaient leur primaire dans cet internat.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Mariano était un jeune zapatiste, de ceux qui
luttent sans passe-montagne. En mars 2001, en compagnie de son père, il a
participé comme «&amp;nbsp;ceinturon de paix&amp;nbsp;» à la Marche de la couleur de la
terre. En 2002, il a participé aux différentes manifestations altermondialistes
à Monterrey (Nouveau León), à l’occasion d’un sommet de chefs d’État où se
trouvait Bush, mais aussi Fidel Castro. Au moment de mourir, Mariano gardait
dans une sacoche d’usage quotidien la Sixième Déclaration de la forêt
Lacandone, le &lt;em&gt;Manifeste du parti communiste&lt;/em&gt;, et le dernier livre qu’il
avait acheté&amp;nbsp;: &lt;em&gt;Noches de fuego y desvelo&lt;/em&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Quand nous avons fait notre tournée de &lt;em&gt;La Otra
Campaña&lt;/em&gt; dans le nord du Mexique, à notre passage par l’État de Chihuahua,
le jeune Mariano a assisté à une des réunions. À la fin, il a demandé à parler
avec moi seul à seul.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;La date&amp;nbsp;? Novembre 2006. Quelques semaines
auparavant, le 17 octobre de cette année-là, Mariano avait pris dix-sept ans.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Nous nous sommes assis dans la même pièce où s’était
tenue la réunion. En gros, Mariano a manifesté son désir de venir vivre dans
une communauté zapatiste. Il voulait apprendre.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;J’ai été surpris par sa simplicité et son
humilité&amp;nbsp;: il n’a pas dit qu’il voulait venir pour aider, mais pour
apprendre.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Je lui ai dit la vérité&amp;nbsp;: que le mieux était qu’il
suive des études et les termine, parce que ici (et là-bas, et partout) les gens
d’honneur finissent ce qu’ils commencent&amp;nbsp;; et qu’en même temps il n’arrête
pas de lutter ici, sur sa terre, avec les siens.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Nous avons scellé le pacte d’une poignée de main.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Sept ans auparavant, le 8 mai 1999, quand Mariano
avait neuf ans, je lui avais écrit un message sur une feuille de cahier&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;«&amp;nbsp;Mariano, il arrivera un jour (pas tout de
suite, mais il arrivera, c’est sûr) où sur ton chemin tu en trouveras d’autres
qui le croisent, et tu devras en choisir un. Quand ce moment arrivera, regarde
en toi-même et tu sauras qu’il n’y a pas d’options, qu’il y a une seule
réponse&amp;nbsp;: être conséquent avec ce qu’on pense et qu’on dit. Si cela est
bien ferme, peu importent le chemin ou la vitesse du pas. Ce qui importe, c’est
la vérité que marche ce pas.&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Aujourd’hui, nous nommons Mariano, son histoire, et
depuis cette géographie nous envoyons à sa famille une accolade zapatiste de
frères et de sœurs, qui, même si elle ne soigne pas, soulage quand même...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;V. Juger ou chercher à comprendre&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Depuis notre géographie aussi, nous avons essayé de
suivre avec attention le pas du Mouvement pour la paix dans la justice et la
dignité à la tête duquel se trouve Javier Sicilia.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Je sais bien que juger et condamner ou acquitter est
le chemin préféré des commissaires de la pensée qui apparaissent de l’un et
l’autre côté du spectre intellectuel, mais ici nous pensons qu’il faut faire un
effort pour essayer de comprendre diverses choses&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;La première est qu’il s’agit d’une mobilisation
nouvelle qui, dans son projet de se constituer en mouvement organisé, construit
ses propres chemins, avec ses réussites et revers propres. Comme tout ce qui
est nouveau, nous pensons qu’il mérite le respect. Les autres peuvent dire,
avec raison, qu’on peut toujours remettre en cause les formes et les méthodes,
mais pas les causes.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Et il mérite aussi l’attention pour essayer de
comprendre, au lieu de lancer des jugements sommaires, si chers à ceux qui ne
tolèrent rien qui ne soit sous leur direction.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Et pour respecter et comprendre, il faut regarder
vers le haut, mais aussi vers le bas.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Il est sûr que vers le haut les cajoleries que
reçoivent les responsables de tant de morts et de destruction attirent
l’attention et irritent.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Mais vers le bas, nous voyons que parmi les familles
et les amis des victimes le mouvement éveille l’espérance, la consolation, la
compagnie. Nous pensions qu’il était peut-être possible que se lève un
mouvement qui arrêterait cette guerre absurde. Il semble que ce ne soit pas le
cas (ou pas encore). Mais ce qu’on peut apprécier, dès maintenant, c’est qu’il
a rendu les victimes tangibles. Il les a sorties des faits divers, des
statistiques, des mythiques «&amp;nbsp;triomphes&amp;nbsp;» du gouvernement de Felipe
Calderón Hinojosa, de la culpabilité, de l’oubli. Grâce à cette mobilisation,
les victimes commencent à avoir un nom et une histoire. Et les balivernes du
«&amp;nbsp;combat contre le crime organisé&amp;nbsp;» s’effondrent.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Il est vrai que nous ne comprenons toujours pas
pourquoi consacrer tant d’énergie et d’efforts à échanger avec une classe
politique qui, depuis longtemps, a perdu toute volonté de gouvernement et n’est
plus qu’une bande de scélérats. Peut-être qu’ils le découvriront peu à peu par
eux-mêmes.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Nous, nous ne jugeons pas, et par conséquent, nous
ne condamnons ni n’acquittons. Nous cherchons à comprendre leurs pas et l’élan
qui les anime.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;En somme, la digne douleur qui les redresse et les
meut mérite notre respect et notre admiration, et elle les a.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Nous pensons qu’il est logique de dialoguer avec les
responsables des problèmes. Dans cette guerre, il est raisonnable de s’adresser
à qui l’a déclenchée et provoque l’escalade. Ceux qui critiquent le fait de
dialoguer avec Felipe Calderón Hinojosa oublient cet aspect si élémentaire.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Sur les formes qu’a prises ce dialogue, il y a eu
une pluie de critiques de toutes sortes.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Je ne crois pas que le sommeil de Javier Sicilia
soit troublé par les basses critiques, par exemple celles du Paty Chapoy de &lt;em&gt;La
Jornada&lt;/em&gt;, Jaime Avilés, aussi frivole qu’hystérique, ou les vilenies du
Docteur ORA (dont on ne dit nulle part qu’il soit de gauche ni qu’il soit
cohérent) à qui il ne manque plus que d’affirmer que Sicilia a fait tuer son
fils pour «&amp;nbsp;impulser&amp;nbsp;» l’image de Felipe Calderón Hinojosa&amp;nbsp;; ou
les critiques qui lui reprochent de ne pas être radical, énoncées précisément
par des gens qui arborent comme un succès de «&amp;nbsp;n’avoir jamais cassé un
seul carreau&amp;nbsp;».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Dans sa correspondance (et aussi, il me semble, dans
certains actes publics), Javier Sicilia aime à rappeler un poème de Cavafis, en
particulier ce vers qui dit&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Tu n’as à craindre ni les Lestrygons
ni les Cyclopes, ni la colère de l’irascible Poséidon.&amp;nbsp;» Et ces critiques
hystériques n’arrivent pas, même de loin, à la cheville des susdits, c’est
pourquoi les pathétiques rancœurs de ces petits bonshommes ne dépassent pas le
cercle de leurs quelques lecteurs.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;La réalité, c’est que ce mouvement est en train de
faire quelque chose pour les victimes. Et cela, c’est quelque chose qu’aucun de
ses «&amp;nbsp;juges&amp;nbsp;» ne peut alléguer en sa propre faveur.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Pour le reste, ni Javier Sicilia ni certains de ses
proches ne méprisent les observations critiques qu’ils reçoivent depuis la
gauche, et il y en a plus d’une, si elles sont sérieuses et respectueuses.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Mais il ne faut pas oublier que ce sont des
observations, pas des ordres.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Je transcris ici la fin de l’une des lettres privées
que nous lui avons envoyées&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;De façon personnelle, si vous me le
permettez, je vous dirais de continuer avec la poésie, et l’art en général, à
vos côtés. En elle se trouvent des prises plus solides que celles qui ont l’air
d’abonder dans les boniments sans rime ni raison des “analystes” politiques.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;C’est pourquoi je termine ces lignes avec ces mots
de John Berger&amp;nbsp;: “Je ne peux pas te dire ce que fait l’art et comment il
le fait, mais je sais que fréquemment il fait le procès des juges, qu’il
réclame vengeance pour l’innocent, et qu’il projette vers l’avenir ce que le
passé a souffert, de sorte que jamais il ne soit oublié.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Je sais aussi que le puissant craint l’art sous
toutes ses formes quand il fait cela, et que parfois cet art court comme une
rumeur et une légende parmi les gens parce qu’il donne un sens là où la
brutalité de la vie ne peut le faire, un sens qui nous unifie, parce que
finalement il est inséparable de la justice. L’art, quand il fonctionne ainsi,
se transforme en lieu de rencontre de l’invisible, de l’irréductible, du
perdurable, le courage et l’honneur.”&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Enfin, peut-être que tout cela ne vient pas à point
(ou à virgule, c’est selon)...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;VI. Une petite histoire&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Et peut-être qu’elle ne vient pas non plus à point
(ou à virgule, c’est selon), cette petite histoire que je vais vous raconter à
présent, don Luis&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Le 7 mai 2011, une colonne de véhicules est partie
de bon matin de la zone zapatiste Tzots Choj, transportant des hommes et des
femmes bases de soutien zapatistes de l’EZLN, qui devaient participer, avec les
autres zones, à la mobilisation de soutien au Mouvement pour la paix dans la
justice et la dignité dirigé par Javier Sicilia. À 6 heures du matin, un des
véhicules s’est renversé et dans l’accident le &lt;em&gt;compañero&lt;/em&gt; Roberto Santis
Aguilar a perdu la vie. Très jeune, Roberto était devenu zapatiste et avait
choisi comme nom de lutte «&amp;nbsp;Dionisio&amp;nbsp;».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;L’histoire du &lt;em&gt;compañero&lt;/em&gt; Dionisio a l’air
toute simple, quand on l’entend raconter par ses parents et son épouse. Son
père dit que, dans la famille, Dionisio a été le premier à se faire
zapatiste&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;«&amp;nbsp;Alors pendant qu’on était en train de
travailler la &lt;em&gt;milpa&lt;/em&gt; est arrivée l’heure où on va bavarder, là-bas, sur
la &lt;em&gt;milpa&lt;/em&gt;, lui, il a regardé si les autres étaient partis, et il a dit
bon, on va parler un peu, il y a une organisation, j’ai entendu dire que c’est
drôlement bien. Alors là, il a commencé à dire, donc, il a commencé à parler
avec nous, avec ses frères, alors c’est là qu’il a commencé à dire c’est
drôlement bien, cette organisation, on dirait que ça peut nous aider, c’est ce
qu’il a dit. Alors c’est comme ça qu’on y est entrés, mais d’abord on avait
entendu sa parole, alors on y est entrés tous, et puis petit à petit il a
rassemblé tout le monde, les autres aussi. C’est comme ça qu’il est entré à
l’organisation.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;On y est entrés aussi, faut dire qu’en ce temps-là
on était bien emmerdés pour arriver à vivre, y avait pas de terrain à
travailler en plus, y en avait pas, on était drôlement pauvres. Après, le
mauvais gouvernement a fait ses trucs, on est allés parler pour voir s’il y
avait moyen de dégotter un petit bout de terre, pas plus grand que ça, mais pas
moyen avec ce foutu gouvernement, c’est pour ça, cette organisation on a
entendu dire que c’est ça qu’elle voulait, et c’est comme ça qu’on y est
entrés, oui, en 1990, qu’on y est entrés.&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Quatre ans plus tard, alors qu’il était déjà
milicien zapatiste, le &lt;em&gt;compañero&lt;/em&gt; Dionisio a fait partie du régiment qui
a pris les chefs-lieux municipaux d’Altamirano, Chanal et Oxchuc, armé d’un
fusil de chasse calibre 20. Les garnisons gouvernementales ont été défaites en
ces lieux, mais au cours du repli le &lt;em&gt;compañero&lt;/em&gt; Dionisio et d’autres
miliciens ont été faits prisonniers et torturés par les gens du PRI d’Oxchuc.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Peut-être vous souvenez-vous, don Luis, des images
qu’ont répétées jusqu’à saturation les médias nationaux et
internationaux&amp;nbsp;: les zapatistes, sévèrement frappés, attachés sous un
kiosque au chef-lieu d’Oxchuc, la bande de priistes vociférant et menaçant de
les brûler vifs.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Un hélicoptère gouvernemental les a transférés à la
prison de Cerro Hueco, où on a continué à les interroger par la torture. Ils
l’ont gardé quinze jours sans nourriture, avec tout juste de l’eau, et ils le
sortaient à 4 heures du matin pour le doucher à l’eau froide. Il n’a donné
aucune information. Il a été libéré ensuite, avec les autres prisonniers
zapatistes, en échange du prisonnier de guerre, le général Absalón Castellanos.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Ensuite il a suivi le Dialogue de la cathédrale, le
Dialogue de San Andrés, la signature des accords, leur non-application par le
gouvernement, la résistance zapatiste.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Des dizaines de milliers d’hommes, de femmes,
d’enfants et de vieillards ont refusé de recevoir l’aide gouvernementale et ont
commencé le processus de construction de leur autonomie, avec leurs propres
forces et l’aide de la société civile nationale et internationale.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Le &lt;em&gt;compañero&lt;/em&gt; Dionisio a été élu comme
autorité d’une Commune autonome rebelle zapatiste et a été président de la
commission de production municipale. Quand sont nés les Conseils de bon
gouvernement, il a été membre de l’un d’eux. Une fois terminé son service
communautaire en tant qu’autorité autonome, il est resté comme promoteur local
dans sa communauté.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Son épouse nous raconte comment il s’acquittait de
ses tâches&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Le &lt;em&gt;compañero&lt;/em&gt;, avant d’aller faire ses tâches,
il disait que ça ne lui faisait rien, le temps qu’il allait perdre, et puis
aussi de ne pas emporter assez d’argent, juste le prix du billet de car pour
aller là où il allait faire ses travaux, et ça ne lui faisait rien de perdre du
temps, de toute la journée il avalait juste du &lt;em&gt;pozol&lt;/em&gt;&amp;nbsp;[1], c’est ça
qu’il disait, le &lt;em&gt;compañero&lt;/em&gt;, quand il faisait ses tâches, que c’est notre
lutte qui veut ça. Et il disait comme ça qu’il était bien convaincu de la
lutte, qu’il ne voulait pas l’abandonner, que parfois ça causait des
souffrances, mais il était bien convaincu de lutter. Le &lt;em&gt;compañero&lt;/em&gt;, c’est
ça qu’il préférait, ses tâches, ça ne lui faisait rien de ne pas gagner
d’argent, il préférait ses tâches, et quand il allait à sa commission ou faire
du travail comme conseil, beaucoup de gens ici, dans cet &lt;em&gt;ejido&lt;/em&gt;, étaient
contre le &lt;em&gt;compañero&lt;/em&gt;, parce qu’il partait pour faire le travail de
l’organisation, mais ici dans l’&lt;em&gt;ejido&lt;/em&gt; on doit payer une amende si on
n’assiste pas aux réunions ou aux travaux qui se font dans la communauté.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Quand le &lt;em&gt;compañero&lt;/em&gt; Dionisio faisait son
travail en tant que membre du conseil autonome, son épouse restait à travailler
la &lt;em&gt;milpa&lt;/em&gt; ou à charrier du bois. Et ils partageaient le travail&amp;nbsp;:
quand le &lt;em&gt;compañero&lt;/em&gt; Dionisio revenait du travail à son bureau, dès le
lendemain il était sur la &lt;em&gt;milpa&lt;/em&gt; à 4 ou 5 heures du matin, ou sur
d’autres travaux, mais son épouse l’accompagnait toujours pour ces travaux,
comme ça ils partageaient.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Le jour de la marche, le 7 mai de cette année, ils
se sont levés à 2 heures du matin et ont commencé à se préparer&amp;nbsp;: moudre
le maïs pour les tortillas, préparer les repas à laisser aux enfants, et
préparer le &lt;em&gt;pozol&lt;/em&gt; pour emporter à la marche. Et son épouse dit qu’à
chaque fois que le &lt;em&gt;compañero&lt;/em&gt; Dionisio partait pour la commission il lui
disait qu’on ne peut jamais savoir si on reviendra. Ce petit matin-là, il est
parti bien content. Le corps du &lt;em&gt;compañero&lt;/em&gt; est revenu accompagné de
nombreuses bases de soutien zapatistes.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Elles l’ont accompagné jusqu’à chez lui.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Quand nous avons parlé avec les parents du défunt &lt;em&gt;compañero&lt;/em&gt;
Dionisio, ils nous ont demandé de transmettre ces messages à ceux qui sont en
train de lutter contre la guerre du mauvais gouvernement&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Le père&amp;nbsp;: ce message est pour le &lt;em&gt;compañero&lt;/em&gt;
Javier Sicilia et pour d’autres &lt;em&gt;compañeros&lt;/em&gt; qu’on a tué leurs enfants
parce qu’ils recherchaient le bien, alors je leur envoie ce message&amp;nbsp;:
courage dans votre lutte, hein, pour pouvoir vaincre le mauvais gouvernement.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;L’épouse&amp;nbsp;: Le message au &lt;em&gt;compañero&lt;/em&gt;
Javier Sicilia et d’autres &lt;em&gt;compañeros&lt;/em&gt; qu’on a tué leurs enfants, eh bien
courage dans votre lutte, arrêtez pas de lutter, c’est le message pour lutter
ensemble.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;La mère&amp;nbsp;: Continuez à lutter, courage dans vos
luttes, et puis cette situation, si on est prêts à lutter, eh bien ça va
passer, continuez à lutter, vous êtes pas tout seuls. C’est vrai, ils ne sont
pas seuls. L’histoire du &lt;em&gt;compañero&lt;/em&gt; Dionisio est simple, et comme celle
de tou-te-s les zapatistes, elle peut se résumer ainsi&amp;nbsp;: il ne s’est pas
rendu, il ne s’est pas vendu, il n’a pas fléchi.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Mmh... Elle est bien longue, cette lettre. Imaginez
ce que sera celle adressée à don Pablo González Casanova, à qui je dois non pas
une missive, mais tout un livre.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Et maintenant que je la relis avant de l’envoyer, il
me vient à l’idée que, peut-être, rien de ce qui y est dit ne vient à point
dans notre réflexion sur éthique et politique.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Ou peut-être que si&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Bon. Salut, et espérons qu’il y ait plus d’entrain
pour comprendre et moins pour juger.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Depuis les montagnes du Sud-Est mexicain,sous-commandant insurgé Marcos,&lt;span style=&quot;&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Mexique, juillet-août 2011.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Source&amp;nbsp;: Enlace Zapatista.&lt;span style=&quot;&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Traduit par el Viejo. &lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;[1] Boisson à base de
maïs.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Les Contes de la Nuit enchantent nos jours</title>
    <link>http://www.leflog.net/post/2011/07/26/Les-Contes-de-la-Nuit</link>
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    <pubDate>Tue, 26 Jul 2011 10:43:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Florence Louis</dc:creator>
        <category>Culture</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img title=&quot;contes-de-la-nuit&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.leflog.net/public/.Les-Contes-de-la-nuit-2_m.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Déjà conquise,&amp;nbsp; la foule se pressait hier soir au Cinéma d'animation de Bègles, pour découvrir &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Les Contes de la Nuit,&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;nouvel opus de Michel Ocelot, dont la présence était annoncée (il est le parrain du &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.cinemalefestival.fr/&quot;&gt;cinéma le Festival&lt;/a&gt;). Dans la file d'attente, sous une pluie légère, nous avons vu arriver un petit homme, qui nous a dit : &quot;mais pourquoi allez-vous voir des bandes de papier noir découpées ? &quot; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est qu'avant de devenir &quot;presque riche et célèbre&quot;, Michel Ocelot a dû en entendre des remarques de ce type, à l'époque où il utilisait le théâtre d'ombre parce que c'était le procédé le moins cher pour faire du cinéma d'animation. &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Princes et princesses&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; en 1998 n'a pas fait salle comble et pourtant c'est le digne petit frère des &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Contes de la nuit &lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;qui vient de sortir au cinéma.&amp;nbsp; Mais entre temps le petit &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Kirikou &lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;a ébloui le monde entier et éclairé le grand talent de son conteur : un &quot;mangeur de contes&quot; comme il nous l'a dit. Car son premier champ d'inspiration, c'est lui-même, &quot;son bon plaisir&quot; : il tire des histoires écrites ici ou là des éléments qui le touchent et, avec ces trésors, il concocte une fable, un récit. Les héros tout plats, tout noirs, se découpent sur un univers éblouissant de couleurs et de magie. Et la morale de l'histoire se teinte d'un humour délicat et stimulant : la princesse aime quand le prince se fait loup, le héros préfère sa liberté au pouvoir sur un royaume de morts...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img title=&quot;contes-de-la-nuit-3&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.leflog.net/public/.Les_contes_de_la_nuit_m.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin de suppléer à notre imaginaire (&quot;notre cerveau aime bien travailler&quot;, a expliqué Michel Ocelot) la 3D ajoute cette fois de l'irréel aux dessins : les étoiles de la fée des Caresses semblent véritablement flotter autour de nous... Et si le film plaira intensément aux enfants c'est bien &lt;strong&gt;à partir de six ans&lt;/strong&gt; qu'il faut les y conduire : loups, iguanes et autres créatures sont trop impressionnants pour les plus petits. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bientôt nous a confié Michel Ocelot, Kirikou reviendra nous raconter ses souvenirs d'enfance. En attendant, je vous invite, sous cette pluie légère, à aller rencontrer ce petit homme dont l'âme est grande.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;img title=&quot;contes-de-la-nuit-2&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.leflog.net/public/Les-contes-de-la-nuit-.jpg&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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