jeudi 22 mai 2008
Festival des Ouvertures Utiles
Ce billet, écrit à 16:57 par Florence Louis dans la catégorie Culture a suscité :
Mais toi tu dis : "Possibilités ? Précisions ?".
Je n'en ai cure. Essayons ! Tout dépend ici du fait d'agir en anticipant.
F. Nietzsche
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jeudi 22 mai 2008
Ce billet, écrit à 16:57 par Florence Louis dans la catégorie Culture a suscité :
mardi 22 avril 2008
Nous en avions discuté lors de sa sortie... Synopsis du film : Les rives du plus grand lac tropical du monde, considéré comme le berceau de l'humanité, sont aujourd'hui le théâtre du pire cauchemar de la mondialisation.
En Tanzanie, dans les années 60, la Perche du Nil, un prédateur vorace, fut introduite dans le lac Victoria à titre d'expérience scientifique. Depuis, pratiquement toutes les populations de poissons indigènes ont été décimées. De cette catastrophe écologique est née une industrie fructueuse...
Ce billet, écrit à 17:42 par Florence Louis dans la catégorie Culture a suscité :
samedi 19 avril 2008
Hommage à Aimé Césaire, un extrait du Cahier d'un retour au pays natal.
Partir.
Comme il y a des hommes-hyènes et des hommes-panthères, je serais un homme-juif
un homme-cafre
un homme-hindou-de-Calcutta
un homme-de-Harlem-qui-ne-vote-pas
l'homme-famine, l'homme-insulte, l'homme-torture on pouvait à n'importe quel moment le saisir le rouer de coups, le tuer — parfaitement le tuer — sans avoir de compte a rendre à personne sans avoir d'excuses à présenter à personne
un homme-juif un homme-pogrom un chiot un mendigot
mais est-ce qu'on tue le Remords, beau comme la face de stupeur d'une dame anglaise qui trouverait dans sa soupière un crane de Hottentot ?
Je retrouverais le secret des grandes communications et des grandes combustions. Je dirais orage. Je dirais fleuve. Je dirais tornade. Je dirais feuille. Je dirais arbre. Je serais mouillé de toutes les pluies, humecté de toutes les rosées. Je roulerais comme du sang frénétique sur le courant lent de l'œil des mots en chevaux fous en enfants frais en caillots en en couvre-feu en vestiges de temple en pierres précieuses assez loin pour décourager les mineurs. Qui ne me comprendrait pas ne comprendrait pas davantage le rugissement du tigre.
Et vous fantômes montez bleus de chimie d'une forêt de bêtes traquées de machines tordues d'un jujubier de chairs pourries d'un panier d'huîtres d'yeux d'un lacis de lanières découpées dans le beau sisal d'une peau d'homme j'aurais des mots assez vastes pour vous contenir et toi terre tendue terre saoule
terre grand sexe levé vers le soleil
terre grand délire de la mentule de Dieu
terre sauvage montée des resserres de la mer avec dans la bouche une touffe de cécropies
terre dont je ne puis comparer la face houleuse qu'à la forêt vierge et folle que je souhaiterais pouvoir en guise de visage montrer aux yeux indéchiffreurs des hommes
Il me suffirait d'une gorgée de ton lait jiculi pour qu'en toi je découvre toujours à même distance de mirage - mille fois plus natale et dorée d'un soleil que n'entame nul prisme - la terre où tout est libre et fraternel, ma terre
Ce billet, écrit à 10:19 par Florence Louis dans la catégorie Culture a suscité :
jeudi 10 avril 2008
Ouf, un peu d'air ! Ce billet, écrit à 17:31 par Florence Louis dans la catégorie Culture a suscité :
vendredi 14 décembre 2007
Quelques photos pour vous faire partager la richesse de l'exposition organisée dans le cadre de Nov'art 2007.

Ce billet, écrit à 16:22 par Florence Louis dans la catégorie Culture a suscité :
jeudi 15 mars 2007
Voici un texte extrait du livre "Vêtement, la fibre écologique" écrit par Myriam Goldminc et Claude Aubert aux Editions terre vivante. Je l'ai extrait du site mon petit oko. Il souligne l'intérêt d'acheter des vêtements en coton biologique.Xavier est content. Il vient de s’acheter une nouvelle chemise 100% coton, irrétrécissable, sans repassage, bleu roi – une couleur qu’il affectionne. Elégante, bien coupée, et bon marché. Que désirer de mieux ?
Probablement, Xavier ne s’est pas demandé d’où venait le coton de sa belle chemise, ni ce qui avait bien pu se passer entre le moment ou un paysan africain, ou bien indien, avait semé son champ de coton, et celui où sa chemise était sortie de l’atelier de confection. Heureusement pour lui car il y aurait peut-être regardé à deux fois avant de l’acheter, cette chemise.
Le coton a peut-être bien été cultivé pas un paysan béninois ou sénégalais. Pour protéger sont champ des nombreux insectes qui attaquent le cotonnier, il a dû le traiter une dizaine de fois avec des insecticides dont certains sont depuis longtemps interdits en France, car trop toxiques. Il l’a fait sans protection, faute de disposer de l’équipement nécessaire et d’avoir été bien informé sur les risques qu’il courait. Certes, il n’en est pas mort, mais peut-être fait-il partie des 1,5 million de producteurs de coton intoxiqués chaque année par les pesticides. Il a vendu sa maigre récolte à bas prix, et son acheteur a gardé une bonne partie de l’argent pour payer les engrais et les pesticides qu’il lui avait vendus.
De là, les balles de coton ont été acheminées par camion jusqu’au port le plus proche, puis par bateau quelque part en Europe, où les fibres ont été blanchies-probablement avec du chlorite de soude-et enfin filées. Les bobines de fil ont été expédiées dans une autre usine où le tissu a été fabriqué. Une partie du fil-celle constituant la chaîne-a alors été « encollée », c’est- à- dire enduite d’une substance chimique destinée à la protéger des frottements lors du tissage. Après tissage, le tissu a subi un autre traitement chimique pour le débarrasser du produit d’encollage.
L’étape suivante est la teinture. Parmi les centaines de substances chimiques proposées par l’industrie chimique, l’industriel en charge de la teinture a peut-être choisi le colorant dispersé bleu 124. Un des colorants les plus fréquemment à l’origine d’allergies. Pour d’autres couleurs il aurait pu choisir un colorant azoïque, susceptible de se transformer en arylamines cancérogènes. Pour faciliter la fixation du colorant sur le tissu, il a ajouté un fixateur, chimique évidement.
Avant que cette pièce de coton bleu soit devenue une chemise, il a encore fallu lui conférer les qualités qui ont contribué à la décision d’achat de Xavier. Notamment rendre le repassage inutile. Pour cela, la chemise a été imprégnée de résines synthétiques, contenant presque à coup sûr du formaldéhyde. Un autre traitement chimique l’a rendue irrétrécissable. Un troisième, sans doute à base de soude caustique, lui a donné l’aspect brillant et soyeux qui a séduit Xavier.
La dernière étape a été la confection. Le tissu a repris la mer, en direction d’un pays asiatique, vers un atelier de confection dans lequel travaillent probablement des enfants pour un salaire de misère. Un autre bateau, ou peut-être le même, a repris la mer pour Amsterdam ou Le Havre, d’où un camion a, enfin, amené les chemises à leur destination finale.
La fabrication de cette « belle » chemise a donc nécessité :
- 100 g de pesticides ;
- 2 000 à 3 000 litres d’eau ;
- l’utilisation d’une dizaine de produits chimiques différents pour l’ennoblissement ;
- 15 000 à 20 000 kilomètres de transport en camion et en bateau ;
- le travail sous-payé d’un agriculteur,d’ouvriers exposés à des produits chimiques dangereux, et probablement d’enfants ;
- le rejet dans les rivières d’eau polluée par divers produits chimiques.
Quant aux « 100% coton » annoncés sur l’étiquette, l’information est sans doute exacte si l’on parle des fibres textiles utilisées, mais elle est fausse si l’on considère ce qu’il y a effectivement dans la chemise en question. Elle peut en effet renfermer jusqu’à 10% de produits chimiques divers, principalement des résines, utilisés lors des diverses étapes de l’ennoblissement.
La chemise de Xavier, c’est celle que vous trouvez partout. Bien qu’en coton- une fibre naturelle- elle est tout sauf écologique.
Ce billet, écrit à 13:49 par Florence Louis dans la catégorie Culture a suscité :
dimanche 18 février 2007
MONUMENT DE L’ILLUSTRATION, CHARLES BURNS A SIGNÉ QUELQUES UNES DES PLUS BELLES IMAGES PARUES DANS TIME, ROLLING STONE OU THE BELIEVER. DEPUIS PLUS DE DIX ANS, BURNS A DRESSÉ LE PANORAMA D’UNE AMÉRIQUE PERDUE, CELLE DES SEVENTIES, DANS UNE COLLECTION DE COMICS SORTIS AU COMPTE-GOUTTE. AUJOURD’HUI, TOUTE L’AVENTURE EST RÉUNIE, FORMANT LE PAVÉ INTITULÉ « BLACK HOLE ». LE FESTIVAL D’ANGOULÊME VIENT DE LE CONSACRER EN LUI DONNANT UN DE SES PRIX « ESSENTIELS ».
À la lecture des bandes dessinées de Charles Burns, et surtout de son ultime chef d’œuvre, Black Hole
, on imagine un homme torturé, et l’on est un peu anxieux à l’idée de le rencontrer. Erreur. Charles Burns est placide, calme et serein, enfin, en apparence. Black Hole
, c’est l’histoire des seventies vue à travers le prisme de l’adolescence, avec une intrusion de la science-fiction, à la manière de ce qu’a pu faire Michel Houellebecq lors de son dernier roman, La Possibilité d’une Île
, c’est-à-dire que cette intrusion met en relief l’ordinaire, le banal vécu dans le récit. Cette utilisation de l’extra est là pour renforcer le réel, en quelque sorte. Chez Burns, il s’agit d’un « bug », transmis sexuellement, symptôme préfigurant aussi l’avènement du sida. L’auteur poursuit alors l’histoire en s’intéressant aussi bien aux infectés et aux terribles conséquences du syndrome, qu’aux autres, ceux qui survivent. Le style et l’utilisation constante des contrastes et du noir et blanc procurent cette distance qui permet à l’imaginaire de courir le long des cases en complétant de ses propres peurs, de ses propres fantasmes l’univers de Burns. Depuis 1995, Burns dessine ainsi ce roman graphique, et a publié pendant ces années un à deux épisodes annuels, édités par Fantagraphics aux Etats-Unis et repris intégralement et intelligemment par Delcourt en France. Et si certains voyaient en Charles Burns un éternel illustrateur, comme l’avait prouvé sa magnifique pochette de disque pour l’album Brick by Brick
d’Iggy Pop, il faudra maintenant lui reconnaître tout le talent d’un raconteur d’histoire, de romancier visuel.
Sur l’idée que ce livre est aussi une autobiographie, Burns a son avis : Oui, je sais que mon éditeur américain, Pantheon, a émis cette observation dans le communiqué de presse envoyé aux journalistes… Forcément, je pense que quoi que l’on fasse, il y a toujours une part autobiographique. De là à dire que
. Black Hole
est autobiographique, ce serait exagéré. Mon adolescence n’a pas été aussi violente et trépidante que dans le livre, mais c’est vrai que l’on peut trouver une sensibilité, un ton qui reflète la vie que je menais à l’époque. Enfin, c’est ce que j’ai voulu faire. Retrouver un sentiment, une émotion… Mais aucun des éléments qui arrivent dans le récit m’est arrivé. Je n’ai jamais vécu dans les bois, par exemple… (rires)
La présence des bois, renvoie à une crainte en tout cas de l’adolescence, à ce que l’on appelle un « gap », en anglais. En même temps, elle peut être métaphore de l’adolescence, ce moment trouble où l’on s’éloigne des références, de ses parents, pour aller vers autre chose, que l’on n’arrive pas forcément à formaliser, à conceptualiser. Les bois, la nuit, sont aussi des fantasmes enfantins liés à la peur, et au fait de se perdre, seul, en milieu inconnu. La puissance évocatrice de cette image est très forte et Burns le sait. Il donne à cet espace-temps une grande place dans son livre : Je voulais donner un côté assez extrême tout au long de l’histoire. Les bois, le noir, étaient essentiels de ce côté-ci de la narration. Le fait aussi de vouloir comprendre ce que c’est que devenir adulte. Le sentir physiquement, avec les transformations subites, puis émotionnellement, intellectuellement… L’aliénation qui se passe à ce moment-là de la vie est quelque chose d’affreux et de fort. C’est quelque chose de difficile à retranscrire, mais j’ai essayé…
. Burns a aussi pris ce livre comme l’aboutissement d’une catharsis, de cette adolescence dont il n’est pas arrivé à se débarrasser jusqu’à la réalisation de Black Hole
.
Je travaillais sur ce récit pendant mes temps de pause, lorsque je n’avais pas de travail commercial à réaliser. Et d’une certaine manière, c’est parfait ainsi. J’ai pu prendre de la distance, réfléchir beaucoup plus profondément au déroulement de l’histoire…
explique Burns. Pendant la réalisation du livre, les filles de l’auteur ont elles aussi découvert l’adolescence, puisqu’elles ont aujourd’hui respectivement 18 et 16 ans. Pourtant, elles n’ont pas influencé l’œuvre : Je pense que l’histoire de Black Hole est liée à ma propre histoire, et n’est pas le fruit de quelconques observations, de quelconques documentations. Donc, le fait que mes propres enfants passent ce stade ne m’a pas vraiment intéressé, ni influencé. Elles venaient me voir dessiner de temps en temps, et je les laissais lire certains passages, mais elles ne sont pas vraiment fans de comics. Elles doivent juste se demander ce que fait leur père, à dessiner des bandes dessinées, à son âge ! (rires)
. Puis, l’on parle de la vision globale de Black Hole
: Oui, il a toujours été question de réunir toutes les histoires courtes, tous les épisodes… Je pense qu’il était important de donner au récit ce côté épisodique, cette fragmentation, qui apporte une certaine logique de lecture, un certain rythme aussi… Cela fonctionne comme des chapitres, dans la littérature classique. C’est important pour moi. C’est ce qui donne au livre son côté conceptuel également…
. Parlant de structures, de mode de lecture, Burns se rappelle ses influences : Je lisais énormément de bandes dessinées. Aussi bien des comics classiques, comme Batman ou Spiderman, que des choses moins connues aux Etats-Unis, comme la série des Tintin, par exemple. Et rétrospectivement, je pense que Tintin a eu une plus grosse influence sur mon travail que toutes les autres bandes dessinées que j’ai pu lire à l’époque…
.
Et la bande dessinée est devenue adulte ? Oui, enfin, je ne sais pas. C’est vrai qu’avec Maus, la bande dessinée de Art Spiegelman, on a parlé d’une nouvelle ère, plus adulte. À partir de ce moment-là, la bande dessinée s’est mise à produire de grandes œuvres, considérées comme étant pour adulte. Aujourd’hui, il y a de temps à autre des bandes dessinées qui peuvent prétendre à cette idée, à cette appellation. Dire que c’est devenu un genre, je ne crois pas. Bien sur, il y a des gens, des auteurs, très intéressants. Chris Ware, Daniel Clowes, Adrian Tomine, Marjane Satrapi… La bande dessinée est loin d’avoir dit son dernier mot
.
On pourrait même dire que, dans le cas de Charles Burns, c’est aussi à l’art contemporain que l’on s’adresse, lorsque l’on voit ces différents portraits, Before
et After
, sur le modèle pensé par Andy Warhol dans les années Pop. Pourtant, Burns ne semble pas passionné : J’aime l’art contemporain, mais en même temps, je ne m’y intéresse pas vraiment. Je m’ennuie beaucoup en faite en voyant la plupart des œuvres faites aujourd’hui…
. Et que pensait d’un artiste comme Raymond Pettibon, coqueluche de l’art Californien, dont l’œuvre renvoie constamment à l’univers du comics : J’ai vu des œuvres de lui récemment, de grands dessins à même les murs, des dessins géants. Je me suis dit que la grandeur des dessins ne justifiait pas leurs qualités, qu’ils étaient assez médiocres en fait…
. À la grandeur des murs, Burns préfère la discrétion d’un comic book, d’une case, ou de ces doubles où son talent en matière de nature morte est tout simplement époustouflant.
Charles Burns, artiste de son temps.
Black Hole, Editions Delcourt.
Ce billet, écrit à 22:36 par Yan Céh dans la catégorie Culture a suscité :
vendredi 9 février 2007
L'histoire de ce film est en soi une descente aux enfers. Dans une Inde fantastique qui a tué toutes ses femmes, les hommes se désespèrent sans rapports hétérosexuels, sans cuisinière efficace, sans enfants. C'est dans la campagne qu'un prêtre découvre l'existence d'une jeune fille, Kalki, protégée jusqu'ici par son père. Celui-ci accepte toutefois de la marier, avec les cinq fils d'un riche notable, veuf. La jeune femme reçoit chaque nuit la visite d'un de ces hommes, ou même de leur père. C'est à une série de viols interminables que nous assistons, car seul l'un de ces hommes, le plus jeune des fils, parvient par ses attentions à se faire aimer de Kalki. Il ne tarde pas à être assasiné par les autres, jaloux : la jeune femme désormais sans secours essaie de s'enfuir avec l'aide d'un domestique, qui se fait assasiné. Elle se retrouve enchaînée dans la grange, où elle remplit toujours sa fonction d'esclave sexuelle. Les villageois entreprennent de venger le jeune domestique : pour ce faire ils violent eux aussi la jeune femme dans la grange. Quand celle-ci finit par tomber enceinte, le village entier entre en guerre pour récupérer la femme dont la grossesse a soudain revalorisé l'existence. La tuerie emportera tous les hommes et Kalki mettra au monde une fille qu'elle pourra élever et protéger.
Pourquoi vous raconter cette histoire ? Parce qu'elle met en scène de manière atroce le focntionnement des hommes en groupe social fermé. Kalki est l'objet de ce que Françoise Héritier appelle un inceste de second type : elle est le lieu du mélange entre le sperme de frères et de surcroit de leur père. Ceci constitue un tabou, un important interdit social. Il me semble que c'est cette transgression qui amène les hommes à la considérer comme un objet de haine, sur lequel ils portent toute leur violence. D'une certaine manière, je rapprocherai cette conduite de celle que supportent traditionnellement les prostituées. Peut-être est-ce parce qu'une prostituée peut être la maîtresse de tous les hommes, quel que soit leur lien de parenté (père, fils, frère, oncle), qu'elle doit dans l'imaginaire collectif subir l'opprobre. Ainsi dans le Cauchemar de Darwin, les pêcheurs tanzaniens disent explicitement qu'il ne faut pas coucher avec une prostituée sans la battre.
La guerre que mènent les pauvres au clan qui a assasiné l'un des leurs parce qu'il avait aidé la jeune femme, montre aussi un des aspects les plus sordides de l'homme au combat. Il se venge de l'ennemi en violant sa femme, celle-ci, quoiqu'on lui fasse subir à la maison, symbolisant toujours l'honneur de celui auquel elle appartient.
L'attitude des hommes est bouleversée dans le film avec l'annonce de la grossesse : Kalki laissée cadavérique sur le sol de la grange réintègre la chambre matrimoniale et retrouve son sari rouge luxuriant. On décide d'un commun accord que l'enfant est né du sperme du père et malgrè le désespoir qui règnait en raison de l'absence de fille, on espère la naissance d'un garçon !!! Le trouble naît quand les pauvres réclament la femme parce que l'enfant serait le leur. La femme devient un bien à consigner, à soigner quand elle devient mère, parce qu'elle seule accomplit le désir de paternité de l'homme. Elle n'est jamais considérée pour elle-même mais toujours relativement à ce qu'elle apporte : un enfant, une satisfaction sexuelle, une force de travail.
Il est intéressant de voir que dans un contexte totalement masculin, la femme apparait complètement démunie. Ses seuls aides sont de jeunes adolescents. Transformée en objet précieux par sa grossesse, Kalki amène une lutte à mort et la disparition des hommes. L'espoir renaît avec la naissance d'une fille. Un monde de femmes est possible et il illustre à quel point c'est en s'alliant les unes aux autres, en luttant ensemble pour la reconnaissance de leur dignité et de leurs droits que les femmes peuvent forcer la société à devenir véritablement mixte, c'est-à-dire gérée et conduite par des personnes qui dépassent le genre pour viser l'intérêt de tous. Ce film invite à ne jamais supporter les inégalités que subissent les autres : aussi bien hommes et femmes se désolent devant le spectacle de la bêtise qui dégrade les êtres, bourreau comme victime. Il reste néanmoins extrèmement violent à mon sens et il serait bon que les cinémas qui l'affichent préviennent les spectateurs !
Ce billet, écrit à 11:25 par Florence Louis dans la catégorie Culture a suscité :
lundi 5 février 2007
Ce billet, écrit à 09:22 par Florence Louis dans la catégorie Culture a suscité :
dimanche 7 janvier 2007

Pour bien commencer 2007, dans la série Histoire de... France Culture présente l'aventure du rock en 20 épisodes de vingt minutes... Dépêchez-vous, cinq ont déjà été diffusés : David Herschel conte les périples de tous ces personnages qui font et défont la musique phare des années cinquante aux années quatre-vingt et nous propose à chaque épisode de savoureux morceaux accompagnés d'anecdotes croustillantes. Du lundi au vendredi à 13 h 30, 93.5 à Paris, 97.7 à Bordeaux... Il est également possible d'écouter les archives.
Ce billet, écrit à 19:27 par Florence Louis dans la catégorie Culture a suscité :
lundi 20 novembre 2006
Le jeudi 30 novembre l'assocation Zonta Bordeaux propose une projection suivie d'un débat, autour du film "Allez Yallah", de Jean-Pierre Thorn. Les bénéfices de la soirée seront reversés à l'assocation bordelaise Shukali, qui réalise des projets de micro crédit au Sénégal. La problématique du débat s'articulera autour de la question : "comment permettre aux femmes d'Afrique l'indépendance économique et sociale sans recourir à l'émigration?".
Cinéma Jean Vigo, 6 rue Franklin, Bordeaux, à 20 h 15 précises, projection + débat + buffet, tarif plein : 10 euros, tarif étudiant : 4 euros.Ce billet, écrit à 19:54 par Florence Louis dans la catégorie Culture a suscité :
mardi 24 octobre 2006
Dans la série "Histoire de", France Culture propose 25 émissions de l'historienne Michelle Perrot.
A partir du 23 octobre 2006, tous les jours à 13h30 sur France Culture, 93.5 FM à Paris, 97.7 à Bordeaux, l'historienne Michelle Perrot relate une histoire longtemps tue, celle des femmes. A travers quatre thèmes, l'émission nous interroge sur ce long silence, réfléchit au corps féminin, à l'âme des femmes, à leur place au travail et dans la cité. Vous pouvez écouter les émissions en différé sur le site de France Culture, qui présente également une bibliographie particulièrement riche sur un sujet reconnu désormais majeur pour comprendre et agir dans le monde.
Ce billet, écrit à 13:58 par Florence Louis dans la catégorie Culture a suscité :
samedi 11 mars 2006
On se souvient de la Nouvelle Vague au cinéma, et bien le monde de la bande dessinée entre lui aussi dans une nouvelle ère. Une armada d'auteurs, parmi lesquels Lewis Trondheim, Marjane Satrapi, Nicolas de Crécy, Joann Sfar, le duo Dupuy & Berberian revitalise à coup de cases et de bulles un milieu qui prenait trop souvent l'allure d'un système sans âme.
LE PITCH
La bande dessinée a déjà eu plusieurs vies, depuis son invention qui semblerait revenir à Rodolphe Töpffer, un Suisse, né à Genève et qui fut dès ses premières créations, vers 1827, encouragé par un certain Goethe, rien de moins. Töpffer a ainsi réalisé des bandes dessinées d'une extrême virtuosité, avec déjà l'idée du montage, des effets de découpage, de répétition, d'une narration en séquences, d'un suspense singulier. Les bandes dessinées de Töpffer n'ont pas encore droit à cette appellation, mais vont conquérir le monde et se voir éditer jusqu'aux Etats-Unis où son recueil, Monsieur Vieux Bois revient en 1842 The Adventures of Mr Obadiah Oldbuck, édité au format d'un...comic book.
Après ces premières cases fondamentales, nombreux sont ceux qui vont suivre le chemin, avec l'apparition dans les premières années du siècle dernier du trio Pim, Pam, Poum (The Katzenjammers Kids en V.O), et chez nous, en France, de Bécassine et des Pieds Nickelés. Il faut attendre 1929 pour que la première révolution se fasse, avec la naissance d'un petit reporter accompagné de son fox-terrier : Tintin. Georges Rémi, son auteur, signe alors Hergé et ne sait pas encore qu'à sa mort, en 1983, il aura fait de Tintin une star médiatique sans précédent.
Sur les traces de Hergé, d'autres dessinateurs arrivent, et Dupuis, éditeur belge de presse familiale, lance le journal Spirou, et c'est Franquin, jeune talent à l'époque, qui va s'occuper après-guerre de ce personnage inventé par Rob-Vel. Franquin crée également les personnages du Marsupilami, sorte de singe tigré et sympathique, et surtout Gaston Lagaffe, garçon iconoclaste et malchanceux impénitent officiant à l'intérieur même des éditions Dupuis. Peyo (Les Schtroumpfs) et les scénaristes Jean-Michel Charlier et René Goscinny rejoignent les rangs de Spirou. Puis, à la fin des années cinquante, le journal Pilote voit le jour, sous l'impulsion d'un certain Uderzo, futur papa avec Goscinny du plus gros succès de la BD française : Astérix le Gaulois. Mais Pilote voit aussi l'apparition d'un nouveau type de BD, moins enfantin, avec Le Grand Duduche de Cabu ou Les Dingodossiers de Gotlib.
VERS L'ÂGE ADULTE
Dans les années soixante-dix, la bande dessinée explose et les ventes s'envolent. Depuis, son évolution est constante et certains héros, tels Tintin, Astérix ou Les Schtroumpfs rencontrent un succès international qui est loin de faiblir... Dans les années 70 la bande dessinée se diversifie, et s'intéresse aussi au monde des adultes, comme le montre l'apparition de Corto Maltese, pensé et dessiné par Hugo Pratt, tandis que Claire Brétecher, Mandryka et Gotlib monte la revue L'Echo des Savanes (1972), suivi quelques années plus tard par l'incontournable Fluide Glacial (1975), inspiré librement de la revue américaine MAD. Fluide Glacial est toujours, aujourd'hui, une référence et un des magazines les plus vendus en France... Au début des années 80, ce que l'on appelle alors le roman graphique trouve son essor et c'est un américain de la période classique, Will Eisner, créateur d'un super héros, le Spirit, qui révolutionne le genre avec ses récits new yorkais en noir et blanc. Quelques années plus tard, un autre auteur et dessinateur, Art Spiegelman signe un chef d'oeuvre du genre contemporain, Maus ou l'histoire de la Shoah vue à travers le monde des souris. On assiste alors à l'émergence de la bande dessinée indépendante, avec des éditeurs, outre-atlantique, tels Drawn & Quatterly et Fantagraphics Books ou plus récemment Top Shelf. En France, la décennie 90 voit l'apparition de L'Association, Cornélius et Ego Comme X, fers de lance de ce que l'on va appeler Nouvelle Bande Dessinée. Avec eux, des auteurs comme Marjane Satrapi, Lewis Trondheim, Fabrice Néaud, David B., Joann Sfar vont s'ingénier à injecter un peu de vie dans la machine.
LES COMMANDEMENTS DE LA NOUVELLE BANDE DESSINÉE
Depuis les années 90, les ventes de bande dessinée continuent de progresser, et les bestsellers sont, à l'instar de la musique, lancés à grands coups de promo. On étudie le marché stratégiquement et les albums prennent de plus en plus l'allure de produits, correspondants à des cibles précises (XIII et Lanfeust pour les ados, Titeuf pour les plus jeunes, Blueberry pour les seniors), et c'est au coeur de cette industrie que la bande dessinée indépendante joue alors un rôle décisif. Jean-Christophe Menu, par exemple, concentre ses forces et réunie quelques amis autour du projet de L'Association, pour éditer des bandes dessinées singulières, ne répondant pas aux critères des gros éditeurs, laissant la place à des styles non-conformistes, des scénarios plus intimistes ou engagés, et également des formats non conventionnels. Cette dernière question, le format, tient à coeur Jean-Christophe Menu, comme il l'explique dans Plates-Bandes, sorte de manifeste de L'Association.
Ce standard (appelé le 48 CC) se développant sur la forme archi-populaire des Astérix ou Tintin (Lucky Luke, broché au départ, a dû s'adapter), est devenu synonyme de Bande Dessinée, à tel point que dans la perception du grand public, une Bande Dessinée ayant d'autres caractéristiques techniques, pouvait être considérée comme n'en étant pas. Dès lors, qu'est-ce que c'est ? Certainement pas un livre ! C'est...On ne sait pas.
Et il faudra plusieurs années et l'insistance de L'Associationet de quelques autres pour faire accepter ces petits formats, souvent brochés, et en noir et blanc. Car ce qui compte également dans cette Nouvelle BD, c'est le dessin, la ligne. En laissant la couleur de côté, la ligne est plus forte, plus incisive. Le style s'affirme. Ainsi les histoires contées par David B. (la série du L'Ascension du Haut Mal) ou l'autobiographie de l'Iranienne d'origine Marjane Satrapi vont crever le diktat de la couleur pour percer les rétines de leur contraste savamment construit. Début des années 2000, L'Association savoure ses succès en librairie et sa volonté d'intelligence face à l'industrie, mais le danger guette. En effet, devant les centaines de milliers de ventes des livres estampillés « L'Association » et consorts, les grosses maisons ouvrent des départements dits alternatifs, entrant en concurrence directe avec les éditeurs indépendants. Poisson Pilote pour Dargaud, Expresso pour Dupuis, Denoël-Graphic, ainsi que les Editions du Seuil se sont mis à publier des auteurs dits alternatifs, et parmi eux, plusieurs venants directement des éditeurs indépendants, ou choisissant de travailler aussi bien avec les uns qu'avec les autres. C'est le cas pour le duo Dupuy & Berbérian, Joann Sfar ou Lewis Trondheim...
A suivre...
Ce billet, écrit à 14:26 par Yan Céh dans la catégorie Culture a suscité :
dimanche 29 janvier 2006
L'Art de la joie n'a rien d'un traité. Et pourtant il démontre, au fil de ses 600 pages, comment une femme peut faire de la joie la valeur centrale de son existence.
La joie, passion par laquelle l'âme passe à une perfection plus grande dit Spinoza (Ethique, III, 11, sc.). Modesta, héroïne spinoziste ? On trouve chez elle l'amour de son destin tortueux, la croyance que l'âme et le corps sont une seule et même chose... Elle constitue un personnage peu commun. D'abord parce qu'elle naît en 1900 dans la pauvreté d'une masure sicilienne et qu'elle devient princesse d'un village voisin. Délivrée des chaînes de l'indigence, elle réfléchit sa condition de femme avec une liberté foudroyante : ses choix, ses pensées paraissent terriblement nouveaux. Sa narration libère par la simplicité avec laquelle Modesta mène sa vie. Avec elle il semble enfin possibile d'éviter les pièges séculaires. Je suis jeune, tu l'as dit, et je n'aurai jamais de maîtres : mère et grand-mère dans un vingtième siècle effrayant, elle s'épargne toujours soumission maritale, maternelle ou politique. Le roman n'est pas autobiographique mais l'auteur enrichit son personnage et sa maisonnée de son propre héritage politique. Socialiste anarchiste Modesta l'est au jour le jour, dans sa façon de gérer sa maison, de comprendre l'histoire, d'interroger l'avenir.
Selon A. M. Pellegrino chargé de la publication de L'Art de la joie, coeur et idées étaient la seule nourriture littéraire de Goliarda Sapienza. Je me sens désolée d'achever la lecture aujourd'hui de son chef d'oeuvre posthume. Depuis trois mois je savourais au compte-gouttes la joie d'accompagner Modesta dans les méandres de sa vie. Il ne me reste dès lors qu'à vous inviter au voyage...
Ce billet, écrit à 14:55 par Florence Louis dans la catégorie Culture a suscité :
mercredi 2 novembre 2005
Pier Paolo Pasolini a été assassiné, il y a trente ans. J'ai moi-même trente ans et la pensée de Pasolini reste pour moi une ressource peu comparable aux productions de ses contemporains.
Entrons directement dans la polémique : parce qu'être élevé par ses lectures nécessite de conserver un regard critique sur les auteurs, je ne verrai jamais son dernier film, Salo et les 120 journées de Sodome dont la violence et la brutalité me pétrifient d'avance.
Ne pas faire d'un artiste un saint c'est accepter que sa pensée s'inscrive dans le temps, que sa réflexion et son oeuvre rencontrent la vie c'est-à-dire l'erreur, le doute bien sûr, et même le mal. J'entends qu'une oeuvre peut faire mal à celui qui la lit ou la voit. A moins d'être masochiste, il faut se prévenir du mal que peut faire un film ou un livre, d'autant plus puissants que son auteur est grand. Je me préviens personnellement le plus possible du flux télévisuel ou de "la burka des femmes occidentales", les journaux féminins. Si je me protège du Pasolini écoeurant de Salo, c'est pour moi découvrir l'Italie des faubourgs, m'étourdir de ses Mille et une nuits ou éclairer le monde de ses (pré)visions politiques. S'adressant à un jeune homme dans ses Lettres luthériennes, il écrivait lui-même : Dans les enseignements que je te donnerai, je te pousserai à toutes les désacralisations possibles.
Lisez Pasolini expliquer la déchéance du monde ouvrier, le génocide culturel de l'après-guerre. Ecoutez-le raconter l'assasinat programmé de la culture populaire, au profit de la civilisation mercantile. Vous comprendrez mieux le désarroi des jeunes des cités que rien ne valorise, que tout enterre sous le poids d'un horizon inatteignable : la consommation comme idéal tronqué, l'enrichissement matériel comme seule valorisation sociale, mensonge éhonté qui rend toute autre valeur dérisoire. Tous les Mondial Moquette de France peuvent bien brûler, l'important est d'imaginer ce que nous voudrions voir renaître de leurs cendres...
- Lettres luthériennes - Petit traité pédagogique Seuil - Points, 2002Ce billet, écrit à 10:10 par Florence Louis dans la catégorie Culture a suscité :
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Le Flog est conçu et réalisé par Florence Louis, diplômée de l'université Paris I Panthéon-Sorbonne en Philosophie Politique (DEA), licenciée en Histoire, écrivain public et Présidente depuis 1999 de l'association Panamafrica.